Je ne veux pas que tu vailles la peine, je veux que tu vailles le temps, les rires, les rêves

27 avril 2017 dans Psychologie 0 Partagés
J’aime ces personnes qui en valent plus que la peine. Je fais ici référence à celleux qui valent la joie et le temps partagé, l’écho des rires et même les tristesses dévoilées et estompées. J’aime celleux qui m’inspirent, qui me murmurent tout bas que la vie est malgré tout un bel endroit car tant qu’il y a aura quelqu’un avec qui en profiter, il y aura de l’espoir.
En vérité, voir notre quotidien à travers le prisme de la positivité est une véritable aide. Nous vivons en des temps complexes qui nous traînent vers un profond changement de conscience. C’est quelque chose dont, pour beaucoup, nous avons souvent l’impression : c’est comme si les valeurs comme l’égalité sociale et la sensibilité envers nos semblables étaient des abstractions vides et presque obsolètes face à la pression de l’argent et d’une superstructure qui fait remuer ses fils de façon implacable.

« Toute chose qui en vaut la peine mérite notre acharnement et notre attention. »

-Ray Kroc-


En ces temps d’effondrement, les vieux codes acquièrent plus d’importance que jamais. Ceux qui sont basés sur la connexion entre les personnes, là où l’on peut reporter notre attention sur ces choses plus simples, plus pures et plus atomiques qui en valent vraiment la peine, comme l’amour ou l’amitié. Car au final, c’est à travers les plus petites choses que l’on génère les plus grands changements, ceux qui débutent par un petit geste et qui débouchent sur un bouleversement.
Aujourd’hui, personne ne veut perdre de temps avec les choses qui font mal ou avec ce qui éteint nos rires ou nos espoirs. Nous voulons des personnes qui nous illuminent, nous voulons des fenêtres ouvertes et des chemins sans barrières. Nous désirons être convaincu-e-s que créer un monde meilleur sera toujours possible s’il y a une volonté commune.

Les sociétés attristées et la recherche du bonheur

Le bonheur comme droit constitutionnel est un aspect qui apparaît dans diverses grandes chartes. Dans la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis de 1776, par exemple, Thomas Jefferson, John Adams et Benjamin Franklin ont rédigé dans le préambule le droit de toute personne à chercher et à construire son bonheur. Le Japon, la Corée du Sud et, plus récemment, le Brésil, ont inclus cet aspect qui, plus qu’une simple entéléchie, traite du respect le plus digne auquel peut aspirer l’être humain.

« Le bonheur ne s’atteint pas à grands coups de chance mais avec des petites choses qui se passent tous les jours. »

-Benjamin Franklin-


Socrate rappelait aussi à ses élèves que le but ultime de toute personne est le bonheur. Pour l’atteindre, selon le sage d’Athènes, nous devrions « investir » dans la vertu et nous donner davantage l’exemple. Le bouddhisme, de son côté, nous parle de l’équilibre mental et de ce détachement par rapport aux biens matériels. Tous ces piliers, aussi ironique que cela paraisse, s’éloignent beaucoup de nos sociétés occidentales, toujours occupées à élever les taux du PIB, en négligeant complètement une population qui ne sait pas être heureuse et qui, si elle connaît la recette du bonheur, est incapable de la transformer en réalité.
Nous avons laissé place à un monde qui, pour beaucoup, n’en vaut pas la joie mais la peine la plus profonde. D’ailleurs, le Rapport Mondial du Bonheur qui est rédigé chaque année nous révèle quelque chose qui doit nous pousser à réfléchir : les pays les plus avancés en matière de technologie et qui ont un PIB plus élevé ne sont pas les plus heureux. En revanche, ces cultures centrées sur les relations familiales ou amicales sont celles qui acquièrent un niveau de bien-être émotionnel plus digne, plus plein et plus satisfaisant.
Créer un monde qui en vaille l’espoir et non la peine n’est pas l’affaire d’une journée. Il s’agit d’un travail méticuleux qui requiert, par dessus tout, un changement de conscience en partant des plus petites sphères. En partant de nous-mêmes. Nous savons que les états ne voient pas le bonheur comme un objectif primordial, que l’attention aux émotions et la qualité du bien-être des individus ont été déplacées pour le « bien-être » des chiffres et de ces numéros qui guident nos cycles de calme et de crise.

« Quand nous partageons, nous réussissons à élargir notre capacité à être heureux »

-Proverbe tibétain-


Par conséquent, il est primordial que nous commencions à ouvrir ces fenêtres internes dont la rouille d’un environnement, parfois peu aidant, s’est incrustée avec le temps. Il est temps de s’occuper de notre univers interne pour faire en sorte que ce monde en vaille la joie, les rires… et la vie.

Quelques clés pour le changement

Cela peut sembler évident mais une chose aussi simple que le fait de donner plus d’importance au bonheur et à l’équilibre intérieur peut être la meilleure clé pour le changement. Appliquer au quotidien un filtre avec cette « marque de fabrique » peut nous aider à :
  • Entourez-vous de personnes qui vous apportent du bien-être, qui vous motivent, qui vous permettent d’être vous-même à chaque instant. De l’autre côté de ce filtre, nous laisserons celleux qui ne vous apportent que préoccupations, bourrasques et tempêtes.
  • Le bonheur est, par-dessus tout, l’absence de peur. Il est peut-être temps de rationaliser nos peurs, de les sortir à la lumière du jour et de les transformer. A l’autre bout de ce filtre invisible dont nous avons parlé avant, on doit abandonner les peurs paralysantes qui nous enferment dans notre aire de confort.
  • Il est également temps d’approfondir le sens de « crise ». Pour les grecs, « crisis » n’était rien d’autre qu’un moment sujet à l’évolution. Nous faisons l’expérience de l’incertitude mais, en même temps, il s’agit d’une période de précieuses opportunités au cours desquelles l’être humain a toujours été capable d’offrir le meilleur de lui-même à travers la résilience et la créativité. Ce sont des moments vitaux où l’abandon n’a pas sa place.

Selon Sonja Lyubomirsky, plus connue comme la scientifique des émotions positives, environ 50% de notre bonheur est sous notre contrôle. Les 50% restants dépendent des événements qui se produisent et même de certains facteurs biologiques. C’est une probabilité acceptable. Il s’agit d’un point de départ merveilleux à partir duquel on peut réussir à ce que notre quotidien en vaille la joie, les rêves et notre bien-être.

Images de Rafal Oblinski

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