Pourquoi ne nous-rappelons pas des premières années de notre vie ?

· 2 juin 2015

Personne (ou presque personne) ne se souvient des premières années de sa vie, et nous ne pouvons rien y faire ! Toutefois, ce phénomène a une réponse scientifique et biologique.

Au Canada, un groupe de chercheurs a conclu que le fait de ne pas se souvenir des expériences que nous avons vécues pendant les premières années de notre vie est dû à la croissance neuronale qui correspond à cette étape du développement.

Cela signifie que la production de nouveaux neurones (qui a pour but d’accroître les niveaux d’apprentissage pendant la croissance) a un effet négatif sur la mémoire.

Qu’est-ce que la neurogenèse ?

En termes simples, la neurogenèse est le processus de création de nouvelles cellules neuronales dans notre cerveau, et tout particulièrement dans la région qui porte le nom d’hippocampe  (il est directement lié à la mémoire et à l’apprentissage). 

Ce processus a deux pics : avant et après la naissance, l’enfance et l’âge adulte étant des périodes de diminution.

Selon l’auteur Huttenlocher, pendant la première année de notre vie, notre cerveau possède deux fois plus de connexions neuronales qu’à l’âge adulte. 

Les scientifiques ont découvert que le facteur principal de la baisse de ces connexions neuronales est, sans aucun doute, les expériences acquises avec l’âge.

Les bases de l’étude

Même s’il a été démontré par le passé que les souvenirs liés à l’enfance peuvent persister à court terme (et se perdre sur le long terme), un groupe de chercheurs canadiens a décidé de se pencher sur la raison de ce phénomène.

Au travers de l’expérimentation avec des rats (aussi bien jeunes qu’adultes) consistant à modifier leurs processus neuronaux, les chercheurs ont découvert une relation directe entre la croissance neuronale et la récupération de la mémoire, ce qui explique l’amnésie sur le long terme en ce qui concerne les souvenirs de l’enfance, et les difficultés à s’en souvenir à l’âge adulte.

Depuis la naissance jusqu’aux 4 ou 5 premières années de notre vie, notre hippocampe se trouve dans un état de dynamisme constant, ce qui se répercute de façon inverse dans l’établissement des souvenirs sur le long terme.

Ces découvertes dans le domaine viennent remplacer les théories antérieures selon lesquelles l’amnésie infantile était due au développement de la parole et d’autres facultés liées à la croissance biologique et sociale.

Même si ces conclusions obtenues au Canada ne sont pas suffisantes pour fournir une réponse irréfutable à ce sujet, elles constituent sans aucun doute un point de départ novateur pour différentes études relatives à ce thème mystérieux, auquel les chercheurs veulent absolument apporter un élément de réponse.

Cela signifie que parmi tous les mystères qui demeurent dans le domaine de la neurologie, la cause de l’amnésie infantile est sur le point d’être révélée.

Que faire face à cette absence de souvenir ?

Nous pouvons affirmer qu’il n’y a aucun mal à ne pas se souvenir des premières années de sa vie.

Le meilleur conseil est peut-être d’écouter d’autres personnes relater ces souvenirs (membres de la famille, amis, etc.) pour créer des anecdotes qui, même si nous ne nous en souvenons pas à proprement parler, contribueront à définir notre propre histoire, et à améliorer nos liens sociaux.

Image avec l’aimable autorisation de Fonte Silva Meo