Si vous ne vous aimez pas, c’est que vous ne vous connaissez pas

18 septembre 2016 dans Psychologie 1 Partagés

L’estime de soi est un concept à la mode, qui parfois nous semble être un biais intellectuel magique pour comprendre tout ce qui nous arrive.

C’est comme si tous nos problèmes pouvaient s’expliquer avec une phrase toute faite : le manque d’estime de soi.

Il s’agit d’une sorte d’épidémie que l’on peut résumer en disant qu’il nous est de plus en plus compliqué de nous aimer nous-mêmes.

Peut-être que cela se produit pour une bonne raison : si vous ne vous aimez pas, c’est que vous ne vous connaissez pas.

La clé de ce problème se trouve dans la voix intérieure qui commente toutes nos actions, tous nos sentiments et toutes nos pensées. C’est cette voix qui nous qualifie, nous approuve ou nous réprouve.

Nous oublions bien souvent cette voix intérieure que nous avons nous-mêmes construite et nous ne parvenons plus à a diriger, ou à la rediriger, lorsqu’elle cesse d’être constructive.

“Tout ce dont vous avez besoin n’est pas devant vous ou dans votre entourage, car tout ce que vous désirez se trouve en vous. » 
-Sri Chinmoy-

Nous apprenons à nous percevoir à travers les autres. Si nos parents nous voyaient comme des personnes incompétentes, nous avons certainement facilement incorporés l’idée qui sous-tend ce qualificatif, et c’est ce que nous répercute la voix qui nous parle et nous juge en notre for intérieur.

Si nos professeurs pensaient que tous les autres étaient plus intelligents que nous, c’est de cette manière que va se construire notre dialogue intérieur.

Le problème est que nous oublions bien souvent que cette problématique va bien au-delà de notre propre voix intérieure : celui qui nous juge et qui parle de nous ne détient pas forcément la vérité.

Ceux qui expriment ou qui ont exprimé leur avis sur ce que nous sommes ont probablement projeté ce qu’ils avaient au fond d’eux-mêmes.

Nous portons tous des lunettes déformantes et nous croyons tous voir la vérité dans son expression la plus pure.

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Si vous ne vous aimez pas, reconnaissez-le

Le manque d’amour propre ne s’exprime pas seulement comme un sentiment de dépréciation ou d’incompétence dans les différentes situations du quotidien.

On pense souvent que celui qui parle fort et qui a une présence physique imposante est quelqu’un qui a confiance en lui. C’est pourtant bien souvent le contraire.

L’absence d’estime de soi se manifeste comme la peur de prendre des risques.

Celui qui n’a pas confiance en lui se maintient dans les limites de ce qu’il connaît, car il pense au fond de lui qu’il n’est pas à la hauteur des exigences de tout ce qu’il y a de nouveau.

Cette peur se ressent dans ses mots et dans ses pensées. Il n’est pas capable d’exprimer ce qu’il y a réellement au fond de lui, par peur de la réaction des autres.

Et, dans le même temps, sa voix interne le disqualifie : « ce sont des idioties« , se dit-il. Et il se tait.

Le manque d’amour propre peut également s’exprimer d’une autre manière.

Par exemple, si vous en souffrez, vous devenez rapidement servile face à une figure d’autorité ou dans une situation dans laquelle les projecteurs sont braqués sur vous.

Ce que disent ou pensent vos chefs, vos professeurs ou les experts de votre entourage vous importe beaucoup.

Vous essayez alors d’adapter ce que vous dites et ce que vous faites pour plaire à une personne en particulier ou à un groupe.

Vous avez un besoin insoutenable que les autres vous reconnaissent. C’est pour cela que vous parlez fort et que vous faites de la propagande, simplement pour obtenir un petit quelque chose de la part des autres.

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Seul s’aime celui qui se connaît

Il y a une question évidente que peu de gens se posent : nous connaissons-nous véritablement ?

La connaissance de soi, ce n’est pas seulement savoir que vous aimez la couleur verte et que vous détestez les pommes. Ou que vous voulez divorcer et que vous adorez le football. Cela va bien au-delà de vos goûts et de vos préférences.

Il est bien évidemment important de savoir la manière dont vous aimez manger, dont vous aimez vous habiller, dont vous aimez sortir, etc. C’est un bon début.

Cela peut vous paraître un peu exagéré, mais il y a des personnes qui ne savent même pas ce qu’elles aiment manger.

Elles suivent un régime ou elles ne réfléchissent jamais à ce sujet, sans savoir pourquoi. La même chose se retrouve dans divers aspects du quotidien comme les vêtements, le moyen de transport, etc.

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Cependant, au-delà d’apprendre à reconnaître ce que nous aimons ou ce genre de choses, nous devons avoir une meilleure perception de nous-mêmes.

Comment vous sentez-vous par rapport à votre corps et pourquoi vous sentez-vous comme ceci ? Comment prenez-vous soin de votre corps ?

Que pensez-vous de la manière dont vous vous liez avec les autres ? Savez-vous quelle va être votre réaction face à différents types de situations et pourquoi ?

Vous découvrirez peut-être une vérité que vous vouliez ignorer jusqu’à présent : vous vous jugez en fonction du regard des autres et à partir de paramètres qui ne sont pas raisonnables.

Le regard des autres est présent dans votre voix interne, qui ne fait que vous insuffler des idées négatives à l’esprit. Quel est le plus fort : une poule ou un canard ?

Le canard, diront les canards. La poule, diront les poules. Voilà ce que vous devez vous dire. Le canard doit apprendre à être un canard pour sortir le meilleur de sa condition.

La poule doit faire la même chose. Et les deux ne doivent surtout pas écouter l’opinion du renard, qui les voit seulement comme un repas.

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