Vous n’avez pas à changer mais à faire jouer en votre faveur tout ce que vous êtes

26 février 2017 dans Emotions 228 Partagés

Changer est un verbe que nous conjuguons chaque jour. Nous portons tou-te-s en nous un mal-être que nous voulons surmonter, dans une certaine mesure. Vivre n’est pas simple et, depuis que nous sommes né-e-s, nous sommes sujet-te-s à des privations et à des pertes qui continueront de se produire jusqu’à ce que notre cœur cesse de battre. Il y aura toujours quelque chose que nous voudrons plus que tout mais que nous ne parviendrons pas à avoir. Il y aura toujours une nostalgie pour nous assiéger ou une frustration en train de mijoter.

Le mal-être face à la vie en elle-même n’est pas négatif, parce que c’est précisément à partir de lui que nous trouvons des motivations pour évoluer. Mais la non-conformité, elle, devient douloureuse quand elle atteint des dimensions disproportionnées et se transforme en obstacle. Quand elle nous pousse à culpabiliser de ne pas être « meilleur-e-s » ou à renoncer aux rêves parce que nous avons l’impression que nous sommes exclus du monde des réussites.

Le mal-être que nous ressentons parfois se retourne contre nous-mêmes. Il s’agit d’une erreur de perspective, puisqu’il ne s’agit pas de nous fustiger. À certains moments, nous nous sentons coupables de ne pas avoir atteint « x » succès ou de ne pas être de « x » manière.


« Tous pensent à changer le monde, mais personne ne pense à se changer soi-même »

–Alexei Tolstoi–


En réalité, il ne s’agit pas de changer, d’être différent-e-s ou de nier ce que nous sommes. Il s’agit davantage d’adopter une perspective intelligente et compréhensive avec nous-mêmes pour pouvoir tirer le meilleur parti de nos talents et même de nos défauts.

Ce qu’on doit changer ou non

Nous pouvons changer notre façon d’agir mais pas notre manière d’être. Nous sommes venu-e-s au monde avec un tempérament, un patrimoine génétique et des conditions socio-culturelles qui va marquer pour toujours la manière dont se construit notre être dans le monde.

Le tempérament et le caractère basique peuvent être perfectionnés, améliorés, renforcés mais ne peuvent pas être changésCependant, une sorte de « marché de la personnalité » s’est imposé et insiste pour promouvoir l’idée selon laquelle il existe UNE manière d’être adéquate et UNE façon de vivre « correcte ».

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Cette idée selon laquelle il existe des façons d’être adéquates et d’autres inadéquates est ce qui finit par se transformer en handicap pour les personnes qui veulent s’accepter telles qu’elles sont. Être extroverti-e ne vaut pas mieux qu’être introverti-e, avoir de l’audace n’est pas plus louable que d’être prudent-e, et être rationnel-le n’est pas plus admirable qu’être sensible. Il s’agit simplement de manières d’être distinctes, qui sont adéquates ou non en fonction de circonstances spécifiques.

Chaque personne se développe et fleurit d’une manière différente. L’option du changement est uniquement valide face aux habitudes, aux aspects de la personnalité qui ne sont pas suffisamment cultivés ou aux conduites qui peuvent causer des torts. Le noyau central de notre être doit être préservé puisqu’il est ce qui nous définit.

Les qualités qui se transforment en défauts et vice-versa

Quelqu’un qui parle trop peut entraîner des problèmes dans certains travaux qui requièrent de la confidentialité, comme celui de détective privé. De la même façon, quelqu’un qui serait très réservé ne serait pas efficace en tant que promoteur ou animateur. Par conséquent, ce qui est une qualité dans un domaine peut être un terrible défaut dans un autre. Aucun des deux n’est bon en lui-même : chacun est différent. Ni l’un ni l’autre ne devraient être changés mais simplement être placés dans un environnement qui leur corresponde davantage.

Sur le plan personnel, on rencontre un schéma de polarité ou de complémentarité. Cela veut dire que, sur certains aspects, deux personnes qui se ressemblent énormément ne s’entendent pas ou ne vont pas ensemble. Les meilleures équipes sont composées de personnes qui ont des traits de personnalité complètement différents et non pas similaires. Rien ne doit être changé pour pouvoir appartenir à un groupe : il faut juste apprendre à trouver sa place pour pouvoir y jouer un rôle.

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Par exemple, quelqu’un qui a toujours beaucoup d’idées complétera quelqu’un qui a des capacités à organiser ou à mettre les choses en pratique. Une personne impulsive peut inspirer et motiver une autre qui serait plus calculatrice et celle-ci, à son tour, peut fixer une limite réaliste aux initiatives aventureuses de la première.

Chacun-e a le devoir d’apprendre à voir sa propre valeur. Ne laissez pas de place à des messages vides qui chercheraient à vous faire abandonner la personne que vous êtes. Si un changement doit se produire, il devra se faire en respectant votre essence. Si quelque chose doit changer, c’est probablement l’environnement dans lequel vous êtes installé : il peut s’agir d’un milieu qui ne vous permet pas d’être qui vous êtes réellement.

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