Les 7 facteurs rendant possible l’efficacité thérapeutique

· 13 novembre 2018
Dans l'actualité, nous pouvons compter sur un éventail large d'options concernant l'attention psychologique, chacune ayant un degré différent d'efficacité thérapeutique. Ni les patients, ni les psychologues n'ont la certitude absolue concernant l'approche la plus efficace. 

Après avoir examiné avec attention les modèles et avoir consulté les professionnels du domaine, les chercheurs de l’Université Autonome de Barcelone réalisèrent une étude et définirent sept facteurs ayant une incidence décisive sur l’efficacité thérapeutique. Contrairement à ce que beaucoup auraient pu penser, de tels facteurs sont davantage liés aux attitudes et aux valeurs plutôt qu’aux techniques spécifiques.

Finalement, tous les psychologues et tous les patients recherchent l’efficacité réelle de la thérapie. Au-delà des théories et des concepts, le lien entre les deux est fondamentalement humain. Une personne souffre et l’autre l’oriente afin d’apaiser cette souffrance. Selon la recherche de l‘université Autonome de Barcelone, cet équilibre s’obtient grâce aux facteurs suivants.

« Connaître toutes les théories, dominer toutes les techniques mais, en touchant une âme humaine, être à peine une autre âme humaine. »

-Carl G. Jung-

1. Ecoute et présence

On suppose que tous les psychologues écoutent car ils laissent parler leurs patients. Cependant, le psychologue n’a pas toujours l’esprit totalement ouvert en ce qui concerne les inquiétudes de son patient. Parfois, certains bruits internes empêchent ce processus.

Afin qu’une écoute authentique ne soit possible, le silence intérieur est nécessaire. Cela génère un effet de « présence ». Le patient a alors la certitude de se trouver face à une autre être humain capable d’intervenir dans sa vie d’une manière non invasive.

efficacité thérapeutique

 

2. Créativité

Les thérapeutes modernes savent que la psychologie a une base scientifique, mais qu’elle est également un art. Tout art requiert de la créativité. Cela suppose donc de ne pas suivre de schémas préétablis de manière rigoureuse.

La créativité a une influence sur l’efficacité thérapeutique car elle permet de percevoir les conditions particulières de chaque patient et de s’adapter à eux en fonction de l’objectif du traitement. Cela rend plus humain un lien qui n’étant pas aseptique, contrairement à ce que beaucoup prétendent.

3. Intention

Des thérapeutes de divers courants se réunirent à l »université Autonome de Barcelone. Ils furent invités à déterminer le facteurs commun les définissant. Bien que leurs approches ne soient très différentes. La conclusion fut unique : l’intention. 

Tous les psychologues souhaitaient voir leurs patients s’améliorer. Cependant, une étude révéla qu’avec le passage des années, de nombreux thérapeutes expérimentaient leur intention avec plus de fragilité. Malheureusement, cette observation était perçue par les patients. 

4. Placebo

Dan Ariely disait que « Lorsque vous attendez que quelque chose se produise, votre cerveau fait en sorte que cela se produise« . En 1986, une étude fut réalisée et la conclusion fut la suivante : au moins 15% de l’efficacité thérapeutique dépend de l’effet placebo. 

Lorsqu’une personne a confiance en son psychothérapeute et qu’elle s’attend à des résultats grâce à la thérapie, cela se produira sans doute. Il est donc important d’établir un lien positif au sein duquel les avancées seront soulignées et mises en valeur.

5. Poésie, un facteur déterminant de l’efficacité thérapeutique

Bien souvent, les mots du psychologue cherchent à préciser et à simplifier les idées. C’est adéquat car cela permet de mettre de l’ordre dans les idées et également de clarifier les situations. Cependant, cela peut être perçu comme un réductionnisme nonchalant.

Il a été prouvé que le fait d’employer un langage plus métaphorique et sensoriel peut avoir de grands effets sur le patient. Pour cela, la poésie est l’un des facteurs pouvant augmenter l’efficacité thérapeutique chez certains patients.

6. Battements

L’étude de l’Université Autonome de Barcelone nous invite à une réflexion concernant le lien qui s’établit entre le thérapeute et leur patient. Bien qu’une certaine neutralité prétende être installée, spécialement dans certains courants, c’est impossible. 

Le patient et le psychologue ont des émotions et ils ont donc une tendance naturelle à tisser des liens. Les deux sont humains. De nombreux courants affirment d’ailleurs que le thérapeute doit se permettre de ressentir de la compassion envers lui-même et envers son patient. Cela ne met pas en danger le processus. Au contraire, cela renforce l’alliance et provoque une meilleure efficacité thérapeutique.

7. Mystère

Une grande partie de ce qui concerne l’humain fait partie du domaine de l’énigme. La volonté scientifique de la psychologie passe généralement au-dessus de cela. Pour cette raison, tout doit être compris, tout doit être déchiffré, tout doit être expliqué. Mais on n’y parvient pas toujours.

En tant que psychologue aussi bien qu’en tant que patient, il est donc important d’avoir cela à l’esprit afin de pouvoir profiter d’une meilleure efficacité thérapeutique. Il existe des questions pour lesquelles il n’existe pas de réponse et cela n’a rien de mal. L’énigme a également sa place, une place important, au sein de l’humain.

Finalement, la recherche de l’Université Autonome de Barcelone souligne le fait que le plus important pour l’efficacité thérapeutique ne se trouve pas dans les techniques, les théories ou les courants. L’élément fondamental est la qualité humaine et professionnelle du thérapeute et sa capacité à la traduire en attitudes concrètes dans le traitement.

efficacité thérapeutique et mystères de l'être humain