Joseph E. Stiglitz, l’une des personnes les plus influentes du 21ème siècle

· 29 mars 2018

Joseph E. Stiglitz est un économiste né en Indiana (États-Unis), en 1943. Il reçut, en 2001, le Prix Nobel d’économie pour son vaste travail sur la mondialisation. Joseph E. Stiglitz en est un critique acerbe. Ses thèses indiquent clairement les grands changements et les grandes déficiences que la mondialisation a engendré sur la qualité de vie.

En 2008, Joseph E. Stiglitz était l’économiste le plus cité de la planète. Cela nous donne une idée de la dimension que ses thèses ont atteint et de sa pertinence en tant que penseur. En effet, nous parlons de l’un des intellectuels les plus influents du 21ème siècle.

L’un des aspects les plus intéressants de la théorie de Joseph E. Stiglitz est qu’il intègre un fait fondamental : le modèle de globalisation a généré une plus grande inégalité et un plus grand mal-être. La qualité de vie, en moyenne et en tenant compte de toute la planète, a diminué. Malgré tout, de nombreuses personnes ne le perçoivent pas de cette façon. Il s’agit de la raison pour laquelle Stiglitz a également mis l’accent sur certains éléments de la psychologie, lesquels facilitent le maintien du modèle actuel. C’est précisément de cet aspect que nous traiterons dans la suite de cet article.

« Le modèle de l’individualisme féroce combiné avec le fondamentalisme du marché a modifié non seulement la façon dont les individus se voient et leurs préférences, mais également leur relation avec les autres. Dans un monde d’individualisme féroce, il existe peu de besoin de communauté et aucun besoin de confiance n’est nécessaire. Le gouvernement est une nuisance, il constitue le problème, non la solution. »

-Joseph E. Stiglitz-

Joseph E. Stiglitz et l’économie comportementale

L’économie comportementale ou l’économie du comportement est une nouvelle branche de la psychologie, qui s’applique aux questions économiques. Elle part de l’idée selon laquelle même si le comportement des êtres humains n’est pas rationnel, il peut être prévisible dans de nombreux cas. Il s’agit du fondement qui permet de créer des mécanismes, en matière d’économie, pour le conditionner.

Les observations de l’économie comportementale établissent qu’il existe dans nos esprits des biais constants et des erreurs récurrentes de perception. L’un d’eux est le « cadrage » ou le cadre. En d’autres termes, l’environnement. L’être humain a tendance à interpréter les réalités en fonction de l’environnement dans lequel il se trouve ou qu’il considère.

Prenons l’exemple d’une ancienne expérience. La victime d’un crime est invitée à identifier son agresseur dans un poste de police. Elle parvient la plupart du temps à l’identifier, même si aucune des personnes qui sont sous ses yeux n’est véritablement suspectée.

Pour Joseph E. Stiglitz, une grande partie du débat politique actuel finit par être défini par le cadre. Les secteurs du pouvoir font que l’attention se porte sur certains aspects déterminés. Tout le reste est interprété à partir de cela. Un exemple de ceci est la lutte contre le terrorisme. Certains centres de pouvoir définissent ce qu’est le terrorisme et qui sont ceux qui le pratiquent. Le public n’est souvent pas capable de voir qu’il existe d’autres acteurs qui adoptent des comportements similaires et qui pourraient également être qualifiés de « terroristes« .

Joseph E. Stiglitz

La malléabilité des convictions

Un autre aspect auquel Joseph E. Stiglitz se réfère est la fragilité des convictions. Ces dernières sont fortement influençables et modifiables. Stiglitz se réfère à plusieurs expériences dans lesquelles cet aspect devient palpable. Par exemple, il indique que les personnes changent leurs réponses en fonction de la façon dont la question est posée. Les personnes ont tendance à choisir la réponse avec laquelle ils sont le plus en accord, et non celle qui est la plus vraie ou adaptée à leurs supposées convictions.

Joseph E. Stiglitz

Un autre biais important indique que les individus traitent l’information différemment si cela correspond à leurs convictions antérieures. Dans un tel cas, l’information est considérée comme étant plus pertinente. En revanche, lorsqu’elle contredit ou remet en question les « certitudes » antérieures, nous avons tendance à l’ignorer. Cette distorsion est connue sous le nom de « biais de confirmation ».

De ce qui précède apparaît ce que Joseph E. Stiglitz appelle les « fictions sur l’équilibre », une conviction selon laquelle il n’existe pas d’inégalité objective. À cet égard, une enquête a révélé que jusqu’à 42% des américains ne croient pas que l’inégalité ait augmenté dans le monde.

Un monde conditionné

Joseph E. Stiglitz réitère que le rôle principal du marketing et de la publicité est de conditionner les perceptions. Modeler la manière dont chaque être humain voit le monde et la réalité qui l’entoure. Dans certains cas, ce conditionnement est individuel, mais dans beaucoup d’autres, il devient un phénomène collectif. Stiglitz souligne que cette façon de percevoir le monde fait que la réalité est de telles sorte et non d’une autre.

Joseph E. Stiglitz

Les perceptions des individus font changer le marché et l’économie. Si s’instaure, par exemple, la conviction que l’Etat est un obstacle pour les entreprises, il est possible que l’Etat finisse par être dirigé par quelqu’un qui pense ainsi. Cette personne agira en conséquence de cela, ce qui déterminera le cours de tout. Que cette conviction soit vraie ou non.

La théorie de Joseph E. Stiglitz va beaucoup plus loin. Cependant, l’important est de préciser ici qu’il s’agit d’un penseur qui mérite d’être connu. L’économie nous affecte et nous engage tous, que nous le voulions ou non. La politique également. Mieux nous connaissons leur logique, plus nous serons autonomes face à elles.