Tu es mon erreur préférée et celle qui va me tuer

· 9 février 2017

Tu es mon erreur préférée. Tu es celle que j’aime et celle qui provoque mes insomnies. Tu es ce qu’il m’est arrivé de pire et de mieux. Tu es mon vice, un vice qui m’a fait tellement de mal qu’il m’a directement changé-e. Tu es à la fois la vie et la mort, et le pire de tout est que je ne peux pas vivre sans toi.

Avant de te connaître, j’avais déjà entendu parler de toi, de tes horreurs, mais jamais je n’aurais pensé qu’elles étaient réelles, pour moi ce n’était que des rumeursEt quand une personne parle uniquement d’une chose dont elle ne devrait pas parler, cela m’interpelle car on n’entend pas toujours la vérité et, dans ce cas, j’ai décidé qu’avant d’écouter les autres, je devais te connaître toi.

Cette nuit-là, j’ai beaucoup insisté auprès de mes ami-e-s pour qu’iels me présentent à celle qui allait être la pire erreur de ma vie. Je ne le savais pas, mais ton attraction était si magnétique que, dès la première impression, je suis tombé-e dans tes filets, sans la moindre issue possible.

Tu étais la flamme qui guide la torche de la liberté. Tu étais la seule façon de me rendre libre et différent-e, ou du moins c’est ce que je pensais. Maintenant, je me rends compte à quel point j’ai été idiot de tellement t’idéaliser sans même te connaître, en me basant uniquement sur l’attraction que je ressentais vers le monde de l’interdit.

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Je ne peux pas vivre sans toi

Désormais je ne peux pas vivre sans toi mais, à ce moment-là, le fait de te connaître et de plaisanter avec toi me paraissait juste émouvant. Je ne voyais pas le danger d’un petit contact avec quelque chose qu’on dit interdit. Pour moi, le mot « interdit » est un test et décide si vous êtes ou non plus fort-e-s que les autres et si vous vous connaissez mieux. 

Je me souviens de cette nuit comme étant très spéciale. Dès qu’iels t’ont présentée, j’ai remarqué à quel point la chaleur se glissait dans mes veines et comment mon monde changeait. Tu t’es glissée dans mes entrailles d’une manière si claire et exclusive que je ne peux penser à rien d’autre que toi.

Je ne peux pas vivre sans toi, sans ta façon de me prendre la main pour toucher le ciel, sans ta manière de me faire évader de ce monde de gens raisonnables qui ne comprennent pas le déraisonnable. Je ne peux pas vivre sans toi, même si je sais qu’à chaque fois que je te touche, tu me tues à petit feu.

Je ne peux pas vivre sans toi et l’erreur de t’avoir connue pèse encore sur mes épaules. Cette relation d’amour, de haine et d’admiration que j’ai avec toi est en train de me tuer : les bons moments se font de plus en plus courts et les mauvais sont chaque jour plus constants.

Je dépends de plus en plus de toi, d’une dose de ta part qui ferait s’alléger ma souffrance même si c’est toi qui me fait souffrir. Ainsi, j’écris depuis cet endroit, depuis ce lieu rempli d’épines de hérissons et de cactus où je lutte entre ce que veut mon cœur et ce que me dicte ma raison. Une lutte dans laquelle je suis l’unique perdant-e.

À partir de là, je peux dire au monde entier que toi, CHÈRE HÉROÏNE, tu es l’erreur qui va me tuer.

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Tu es l’erreur qui va me tuer

Tu es l’héroïne, cette drogue, cette erreur qui va me tuer. Tu vas me tuer parce que l’addiction que j’ai pour toi est si forte que je ne peux pas te laisser. Les frissons, les nausées et les tremblements qui peuvent me secouer quand j’essaye de m’éloigner de toi ne me permettent pas de passer beaucoup de temps sans toi.

Quand je passe beaucoup de temps sans toi, même les hallucinations s’emparent de moi. Ce sont des visions terrifiantes qui transforment mon monde en un lieu inhospitalier et obscur empli de monstres qui veulent me faire du mal. Alors que je sais pertinemment que le seul monstre qui existe dans ma vie, le monstre qui me détruit, l’erreur que je regrette, c’est toi, maudite drogue.

Tu es celle qui domine mes pensées et mes actions. En définitive, tu es celle qui a été mon erreur favorite et celle qui domine désormais ma vie. Tu es celle qui m’a recouvert les bras de piqûres et a brisé mes veines en mille morceaux.  

Tu es celle qui me fait vomir et qui me fait faire mes besoins sur moi-même sans pouvoir l’éviter parce que ta présence me domine. Je sais que, par ta faute, je ne peux pas garder un travail parce que je ne pense qu’à avoir une dose et pour cette raison, je ne peux pas respecter d’horaires.

Le pire de tout est que je sais que pour un moment de plaisir, j’ai fichu ma vie en l’air. Je sais que j’ai choisi de tomber dans l’erreur d’essayer l’héroïne et que pour moi, c’est la drogue qui est coupable alors que j’ai été libre de choisir dans quoi je mettais les pieds quand j’ai demandé à en avoir.

Mais je sais aussi que si vous lisez ces lignes, vous pouvez encore vous épargner ce fléau de la drogue dans votre vie. Pour moi c’est trop tard, j’ai désormais le sida pour ne pas avoir attendu une aiguille propre. Je n’ai pas pu attendre parce que mon corps me demandait une dose et j’étais fatigué-e de souffrir en attendant une aiguille.

Ne soyez pas comme moi, ne commettez pas la même erreur parce que, même si vous vous pensez fort-e, la drogue vous possédera. Ne tombez pas là-dedans, soyez intelligent-e, cela n’en vaut pas la peine. La faible dose de plaisir qui en résulte ne vaut rien comparé à une éternité de souffrance. Ne vous dites pas que vous ne serez pas comme moi, je pensais la même chose à propos d’autres personnes et maintenant, je suis presque mort-e.