Découvrez le surprenant effet Benjamin Franklin

25 juillet 2017 dans Psychologie 34 Partagés

Le fameux scientifique nord-américain Benjamin Franklin a un jour dit que : « Un parent est un trésor, un frère est un réconfort : un ami est les deux à la fois ». Si l’on respecte cette phrase, il semble normal de faire un effort supplémentaire pour plaire à ses ami-e-s. Mais pourquoi réaliser cet effort face aux personnes que nous n’aimons pas vraiment ? Et pourquoi ce curieux phénomène s’appelle-t-il Benjamin Franklin ?

L’explication provient d’une histoire très curieuse que nous sommes forcés de vous raconter ici. Il s’agit d’une action quotidienne, et souvent inconsciente, que notre cerveau réalise pour nous libérer de ce malaise provoqué par la dissonance ou le manque de cohérence entre ce que nous pensons et ce que nous faisons. Allons-y !

Quelle est l’origine de l’effet Benjamin Franklin ?

L’effet Benjamin Franklin vient de quelque chose d’étrange. Nous savons que Benjamin Franklin, inventeur du paratonnerre, a été l’un des fondateurs des États-Unis. Mais cette figure importante avait un opposant très dur à l’Assemblée Législative. Et cet adversaire formidable n’avait aucune difficulté à montrer publiquement ses objections au programme politique du scientifique, aussi bien en public qu’en privé.

Cette aversion ne passait pas inaperçue pour Franklin et même, l’inquiétait particulièrement. Mais, il la résolût de manière très curieuse. Il se mit en tête de « gagner » son adversaire critique.

Pour cela, Franklin n’eut pas d’autre idée que de lui demander un service. Comme il savait qu’il s’agissait d’une personne au fort niveau culturel, il décida de lui demander un exemplaire exceptionnellement rare de sa bibliothèque privée, alors qu’il n’était pas spécialement intéressé par cette œuvre en particulier.

L’adversaire, face à une telle demande, se sentit honoré et flatté, et ne tarda pas à correspondre avec Franklin. C’est ainsi que Franklin gagna son détracteur, donnant lieu à une proximité tout d’abord puis à une amitié qui dura toute leur vie.

« Prends le temps de choisir un ami, mais sois plus lent encore à le changer ».

-Benjamin Franklin-

Qu’y-a-t-il derrière l’effet Benjamin Franklin ?

Si cette histoire singulière vient de Benjamin Franklin, elle cache des fondements psychologiques profonds. Ainsi, derrière ce besoin si humain de plaire, se trouve une dissonance cognitive… ou plutôt l’envie intéressée d’éviter cette dissonance déplaisante.

C’est-à-dire que ce qu’obtient Benjamin Franklin avec sa demande, c’est créer une contradiction chez son adversaire : d’un côté, c’est un adversaire politique dur, et de l’autre il lui rend un service. En soi, la situation n’est pas contradictoire, mais il est probable que l’adversaire de Franklin y perçoive une certaine contradiction : un sentiment d’antipathie politique face à une manière sympathique d’agir.

La perception d’une contradiction de ce type génère souvent un mal être, de façon à ce que la personne a tendance à réajuster sa manière de penser. C’est précisément ce qu’a fait l’adversaire de Franklin, sûrement aussi car la valeur que représentait son comportement (celui de lui prêter un livre) avait plus de désirabilité sociale et personnelle que celle de l’aversion basée uniquement sur des raisons politiques.

Ainsi, d’une certaine manière, l’adversaire de Franklin, pour justifier sa générosité, dût changer la vision qu’il avait de lui. D’autre part, cette nouvelle perspective a sans aucun doute facilité le début d’une amitié qui s’est consolidée petit à petit.

Le cerveau essaie-t-il de justifier l’injustifiable ?

Ainsi, notre cerveau essaie de justifier nos actions et il le fait en essayant de ne pas endommager l’image que nous avons de nous-même. D’où la dissonance cognitive qui apparaît et les mesures que nous prenons pour qu’elle disparaisse. Par exemple, face à un conflit armé -que nous savons injustifiable, mais auquel nous participons en même temps (même avec la complicité du silence)- notre esprit cherche des raisons qui justifient notre posture et celles-ci peuvent être liées à la défense de la liberté, au patriotisme ou même à la religion.

D’autre part, les raisons ou les nouvelles qui peuvent justifier notre posture seront, dès lors, plus encouragées. Elles attireront plus notre attention et nous les garderons dans notre mémoire plus facilement. Comme vous le voyez, la dissonance cognitive fait partie de notre vie. Au niveau professionnel et personnel, nous nous confrontons souvent à la justification d’actes avec lesquels nous ne sommes pas d’accord.

De fait, il est très probable que vous ayez travaillé avec des personnes que vous n’aimez pas ou que vous vous retrouviez dans une situation où vous devez aider des gens que vous n’aimez pas. Quel que soit la situation, votre esprit mettra en marche des mécanismes qui expliqueront et justifieront ces faits. Ainsi, après avoir rendu un service à quelqu’un, vous aurez sûrement une meilleure opinion de cette personne.

« Prête de l’argent à ton ennemi et tu le gagneras, prêtes-en à ton ami et tu le perdras. »

-Benjamin Franklin-

La manière de fonctionner de notre esprit, qui essaie toujours de sauvegarder l’image que nous avons de nous-même et la cohérence entre nos pensées et nos actions en modifiant nos opinions, est curieuse. De plus, ce phénomène n’en reste pas là, car une fois que la justification ou la nouvelle opinion adviennent, nous sommes plus sensibles à tous les types d’informations qui les corroborent et plus sceptiques face à toutes les informations qui s’y opposent.

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