Les crises de jalousie ne viennent pas de ce que l’on voit, mais de ce que l’on s’imagine

23 avril 2017 dans Psychologie 384 Partagés

Peu de personnes se définissent comme jalouses, et pourtant, beaucoup le sont. Cet écart vient de l’instabilité sociale relative à cet attribut en tant que trait de caractère. Ainsi, dans l’inconscient collectif semble graviter une idée claire : les crises de jalousie ne sont bénéfiques pour personne, ni pour la personne qui les fait, ni pour celle qui les subit.

D’un autre côté, les crises de jalousie sont inévitablement liées au concept de propriété. Non pas en vain, la peur de perdre quelque chose n’apparaît que lorsqu’il y a une possession ou l’espoir d’une telle possession. Cependant, si on en reste là – aussi logique cela puisse-t-il sembler – nous aurions tendance à avoir une vision très réduite de ce sentiment et, comme tel, de son pouvoir motivant.


Dans l’inconscient collectif semble graviter une idée claire : les crises de jalousie ne sont bénéfiques pour personne, ni pour la personne qui les fait, ni pour celle qui les subit.


Les personnes jalouses

Si les crises de jalousie ne sont pas seulement accumulées par les personnes médiocres, il arrive que la majorité des personnes qui les cultivent pensent ne pas être jalouses. Cette perception les mène à se poser des questions avec lesquelles elles se poignardent parfois, comme « pourquoi est-iel avec moi si je ne mérite pas quelqu’un de si bien ? », « combien de temps cette hallucination que l’on appelle amour va-t-elle durer ? »

Ce sont des questions qui cachent une sensation d’insignifiance très amère pour celleux qui se les posent, car réside en elles une résistance au dévouement, à l’amour véritable. Cette résistance s’accompagne logiquement de doutes : « pourquoi me dévouerai-je à une relation qui finira par se solder par une rupture ? »

Ceci étant dit, nous ne cherchons pas à justifier le comportement de la personne jalouse, mais bien à supposer que ce n’est pas un aspect isolé de son caractère et qu’il s’agit d’une des pièces du puzzle qui forme sa personnalité. Ainsi, analyser les crise de jalousie ou les comportements d’une personne jalouse de manière isolée, c’est analyser la blessure en omettant les causes qui les ont produites. 

D’un autre côté, il nous faut aussi remarquer quelque chose si on veut aider une personne jalouse ; une personne jalouse vit très mal cet aspect de sa personnalité. Elle a vraiment peur. Il ne s’agit pas d’une peur feinte, même si les autres peuvent penser que cette peur n’a pas de fondement. Même rationnellement, la personne jalouse peut avoir des moments de lucidité et comprendre que ses sentiments et autres comportements sont absurdes, ce qui ne l’aidera pas à se sentir mieux, et qui augmentera même le point auquel elle se sent insignifiante.

C’est ainsi que le cycle se rétro-alimente et que l’escalade se produit.


Si les crises de jalousie ne sont pas seulement accumulées par les personnes médiocres, il arrive que la majorité des personnes qui les cultivent pensent ne pas être jalouses.


Les crises de jalousie viennent de ce que l’on s’imagine

Parfois, cela donne la sensation que l’on aime que les choses se passent mal. On a confiance en notre compagnon/compagne, mais si on voit son téléphone à la maison alors qu’iel est sorti, peut-être pourra-t-on être tenté-e de le prendre et de le fouiller. Il ne s’agit pas d’une suspicion, mais d’une vérification, de même que parfois, alors que l’on vient de sortir de chez moi, on y retourne pour voir si on a bien éteint la lumière.

C’est alors que l’on tombe sur des messages comme « bisous » ou « amuse-toi bien » de la part d’une personne que l’on connaît pas. « Bisous »… Mais comment ? Quand ? Où ? Un remerciement tendre, et on se sent alors envahi-e par les questions et le malaise. On se trouve face à un dilemme difficile : tout garder pour soi, ou avouer ?

« Chéri-e, j’ai regardé dans ton téléphone pour vérifier que je n’avais pas de raisons d’être jaloux-se. »

Y a-t-il vraiment des personnes qui disent cela ?

Eh bien oui, les personnes qui croient avoir le droit de le faire et qui pensent que ce droit est reconnu par tou-te-s. Il est très commun, par exemple, qu’après une infidélité, la personne infidèle permette ces comportements à l’autre. Elle comprend que c’est manière de donner de la sécurité à l’autre et de lui montrer que cela ne se reproduira plus. Elle lui concède alors ce droit d’espionnage, qu’elle considère comme prix à payer pour poursuivre la relation. Autrement dit, entre les deux membres du couple se trouve une bombe qui finira par exploser.

Après une infidélité, une personne qui se remet avec son compagnon/sa compagne trompé-e qui auparavant avouait son espionnage se retrouve alors avec une personne qui devra commencer à ravaler ses doutes, doutes qui n’ont rien à voir avec un baiser ou un câlin, ais avec ce qu’elle imagine. A partir de maintenant, elle n’ira plus fouiller le téléphone de son compagnon/sa compagne pour vérifier, mais bien pour confirmer ses pires craintes.

Les raisons poussant une personne jalouse à l’être

Ce que nous voulons vous dire par là, c’est qu’une personne jalouse trouvera toujours des raisons d’être jalouse, car nous avons tou-te-s des fils dans notre vie à partir desquels un esprit soigné peut inventer une histoire pleine d’amant-e-s clandestin-e-s. Des histoires que, dans la majorité des cas, la personne qui les crée ne partagera pas et qu’elle avalera comme on avalerait du venin. Ainsi, de cette manière aussi tragique et aussi représentée dans certaines comédies théâtrales, probablement finira-t-elle prisonnière de ses propres doutes.

D’un autre côté, la frontière qui sépare les crises de jalousie fondées et les crises de jalousie infondées est fine ; personne ne veut être le/la dernier-ère à apprendre que son compagnon/sa compagne a eu une aventure car tout un projet de vie peut alors être en jeu. De plus, sur le papier, il peut être très facile de dire que si la relation doit prendre fin, elle prendra fin, qu’il y ait ou non une tierce personne. Or, comme nous le disions au début de cet article, avoir une telle opinion en revient à trop intellectualiser un sentiment qui est plus complexe et qui a une force très puissante.

Ainsi, si vous espériez découvrir une conclusion facile à cet article, sûrement serez-vous déçu-e. Les crises de jalousie et les comportements en découlant ne sont qu’une décision personnelle : car oui, chacun-e doit être conscient-e des pensées et des émotions en jeu dans ces comportements. Dans l’un ou l’autre cas, les crises de jalousie sont davantage liées à ce que l’on s’imagine qu’à l’information que l’on détient en réalité.

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