André Green et la pratique de la psychanalyse

05 juillet, 2020
Une des grandes contributions d'André Green a été de contourner, de manière mesurée et intelligente, la rupture qui s'est opérée entre les modèles psychanalytiques de Mélanie Klein, Jacques Lacan et Heinz Hartman.
 

André Green était l’une des figures les plus éminentes de la psychanalyse contemporaine. À l’époque, il était le psychanalyste français le plus traduit dans différentes langues et aussi le plus reconnu internationalement. Contrairement à d’autres de ses collègues, Green avait une reconnaissance importante en Amérique latine.

Le nom d’André Green est devenu célèbre dans les années 1960 et a été consolidé à la fin des années 1980. Il se définit comme un freudien de base, mais tout au long de sa carrière, il reçoit également des influences importantes d’auteurs tels que Lacan, Winnicott et Bion.

Cet auteur important était au centre des controverses post-freudiennes. Comme on le sait, la psychanalyse a connu plusieurs moments de crise après la mort de Freud. André Green a su maintenir une position d’ouverture et de pluralisme face à tout ce débat. C’est pourquoi il a été président de la Société psychanalytique de Paris (1986-1989).

La vie d'André Green
 

Les débuts d’André Green

André Green est né au Caire (Égypte) en 1927. Son père était portugais et sa mère espagnole, et tous deux juifs séfarades, bien que peu dévoués. Il étudie au lycée français et à 18 ans il entre en contact avec la psychanalyse, grâce à ses cours de philosophie à l’école.

À cette époque, il a rencontré Lydia Harari, qui lui a donné des cours privés et expliqué les concepts de base de la théorie de Freud. Avec lui, il a lu Leçons d’introduction à la psychanalyse, un travail qui a servi de base à la présentation de son examen final de lycée.

Green voulait étudier la philosophie, mais sa famille le disait pragmatique. Il a donc finalement décidé d’étudier la médecine, sans grand enthousiasme. Il a fait le cours préparatoire dans sa ville natale et à 19 ans, en 1946, il a émigré en France pour terminer ses études. André Green a dit à maintes reprises qu’une fois parti, il savait que ce serait pour toujours.

Des hauts et des bas à l’entraînement

 

André Green n’était pas attiré par la médecine. En fait, il l’a même en un certain sens rejetée. Il considérait ses études comme un mal nécessaire. Ce qu’il déplore le plus, c’est la mentalité fermée et radicale de l’environnement médical de l’époque. La troisième année, il a commencé à pratiquer la pédopsychiatrie.

Il a également commencé à suivre des cours de psychiatrie dispensés par le Dr Julián de Ajuriaguerra à l’Hôpital Sainte-Anne. Il était très intéressé par les phénomènes psychiques et en 1953, et il obtient un poste de psychiatre. Là, il est parrainé par le psychiatre Henry Ey. Non seulement le bibliothécaire, mais aussi la figure la plus pertinente de tout l’hôpital.

En 1956, il entame sa première analyse avec Maurice Bouvet. À l’époque, il a également rencontré Jacques Lacan, qui en a fait l’un de ses plus proches collègues. André Green a participé activement à ce que Lacan a appelé « le retour à Freud », entre 1960 et 1967, bien qu’il n’ait jamais été entièrement d’accord avec ces idées.

 
André Green et Lacan

Un chemin qui lui est propre

La première analyse d’André Green s’est terminée peu de temps avant la mort de son psychanalyste. Cela l’a conduit à une nouvelle analyse avec Jean Mallet, qui l’a aidé à surmonter le deuil. Puis ce qu’il a appelé « une analyse détaillée » a été pratiqué avec Catherine Parat. C’était tellement inspirant pour lui qu’à la suite de cette expérience, il a écrit l’essai La Mère morte et est retourné en Égypte, après 40 ans d’absence.

À partir de 1961, André Green est également devenu un ami et un adepte de Winnicott et Bion. Toute cette constellation d’influences a fait du développement d’une psychanalyse adaptée aux temps nouveaux un objectif. En effet, à l’époque de Freud, les névroses prédominaient. Presque tous les patients présentaient maintenant des troubles limités.

 

André Green faisait partie d’un débat difficile au sein de la psychanalyse. À l’époque, il y avait trois grands courants de mouvements post-freudiens, qui entretenaient une controverse constante : le modèle de Mélanie Klein, celui de Jacques Lacan et celui de Heinz Hartman. Green a su faire une synthèse intégrative de chacun d’eux.

Les approches de Green ont été structurées et incarnées principalement dans son ouvrage Idées directrices pour une psychanalyse contemporaine: méconnaissance et reconnaissance de l’inconscient (2002). Un grand nombre de contributions à la clinique elle-même sont également reconnues. L’Université de Buenos Aires a fait de lui un professeur honoraire pour ses contributions à la psychanalyse. André Green est décédé à Paris, le 22 janvier 2012.

 

 
  • Green, A. (2005). Ideas directrices para un psicoanálisis contemporáneo: desconocimiento y reconocimiento del inconsciente. Buenos Aires: Amorrortu.