7 phrases intéressantes de Térence

· 6 mai 2019
En lisant les phrases de Térence, nous pouvons avoir l'impression qu'elles ont été écrites hier. Pourtant, elles sont vieilles de plus de 20 siècles, mais leur finesse et leur universalité leur permettent de conserver leur vitalité et leur validité.

Les phrases de Térence datent de l’Antiquité romaine et pourtant elles gardent toute leur pertinence à notre époque. Publius Terentius Afer est avant tout un poète comique latin. Nous ne savons pas grand-chose au sujet de sa vie, mais les six œuvres qu’il a écrites sont parvenues jusqu’à nous dans leur intégralité.

C’est précisément de ces six ouvrages que sont extraites les phrases de Térence que nous allons vous présenter dans la suite de cet article. C’est un miracle que ses écrits aient survécu à l’érosion du temps. La plupart des œuvres de ses contemporains n’ont pas connu le même sort.

Il est également important de signaler que Térence était un simple esclave. En fait, le patronyme sous lequel nous le connaissons est le nom du seigneur qu’il a servi durant sa période de servitude. Celui-là même qui, voyant ses incroyables qualités, lui a accordé la liberté. Ce geste lui a permis de se consacrer à l’écriture. Et plus de 21 siècles plus tard, nous continuons à parler de lui. Voici quelques-unes des phrases les plus célèbres de Térence.

« Tu ne peux pas gouverner par raison une chose qui n’a en soi ni raison ni mesure. »

-Térence-

1. Rien ne nous est étranger

C’est l’une des phrases les plus belles et les plus profondes de Térence. Elle a plusieurs traductions du latin, mais dans chacune d’elles le sens essentiel est préservé. Elle nous parle précisément de l’essence que tous les êtres humains partagent.

En disant que rien d’humain ne nous est étranger, il déclare que tout être humain est capable de tout. Tant dans un sens positif que négatif, nous sommes tous habités par les mêmes potentialités.

« Je suis homme, et rien d’humain ne m’est étranger.« 

phrases de Térence
2. Une phrase de Térence sur la complaisance

« La complaisance fait les amis, la vérité engendre la haine.« 

C’est une affirmation qui dénote une pointe d’amertume, mais aussi un réalisme écrasant. D’autant plus si l’on considère que Térence vivait à l’époque impériale de Rome, dans un environnement où la complaisance et la trahison étaient la norme.

La sollicitude et le plaisir d’autrui génèrent des amis, entre guillemets. De cette façon, nous gagnons la bonne volonté des autres, même si ce n’est que superficiellement. D’un autre côté, beaucoup de gens ne tolèrent pas la vérité. Elle produit souvent de l’animosité et du rejet.

3. Attraper un loup

« Oui, je tiens, comme on dit, le loup par les oreilles, car je ne sais comment le lâcher, ni comment le retenir.« 

C’est une de ces phrases de Terence qui révèle sa facette d’auteur de comédies. Elle est sarcastique et très applicable à de nombreux phénomènes qui se produisent dans le cadre du pouvoir. C’est une métaphore qui nous parle des problèmes que certaines relations peuvent nous causer si nous ne savons pas comment les gérer.

Le loup pris par les oreilles est une représentation d’avoir un contrôle partiel sur un attaquant ou une attaque. Dans ce cas, celui qui est piégé est celui qui l’a attrapé par les oreilles, parce qu’il ne peut pas lâcher prise, mais il ne veut pas non plus l’avoir à ses côtés.

4. Ne jamais verser dans l’excès

« Ne soyez ni prodigue, ni avare, ce sont deux excès qu’il faut également éviter.« 

C’est une phrase reprise des stoïciens et une déclaration de la modération comme étant la vertu ultime de la vie. Tout ce qui est en excès devient quelque chose de nocif. Peu importe qu’il s’agisse de quelque chose de positif ou de négatif initialement, l’excès est toujours mauvais.

Les stoïciens ne rejetaient rien, surtout pas de plaisir. Mais ils ont insisté sur le fait que l’excès conduisait toujours à la douleur et au mal. Ainsi, comme dans la phrase de Térence, ils prônaient simplement la modération et l’équilibre.

5. La fortune et le courage

« La fortune aide les courageux.« 

C’est aussi une phrase qui a beaucoup de variantes et dont on trouve différentes versions. Elle parle de ce que nous appelons communément la « chance » et qui semble toujours accompagner ceux qui sont les plus forts.

Ce n’est pas vraiment une question de hasard. La force spirituelle génère simplement des chaînes logiques dans lesquelles les circonstances finissent par se favoriser les unes les autres, même si elles sont défavorables au début.

6. Le risque

« Ce n’est pas sans péril qu’on accomplit un grand et mémorable exploit.« 

C’est un appel à ne pas cesser d’éprouver de la peur, mais à faire face à des situations, même si vous en avez peur. Rester dans un endroit sûr, dans une zone de confort sans aucun risque, ne mène qu’à la médiocrité.

Térence nous dit donc que si nous cherchons quelque chose de mémorable et de grand, nous devons nous exposer aux risques. Cela signifie aussi être prêt à perdre, ou à ne pas réussir, du moins en premier lieu.

citations de Térence

7. L’accord imposé et l’accord conclu

« On se fourvoie complètement si l’on croit que l’autorité est plus forte et plus solide quand elle se fonde sur la force, que lorsqu’elle s’appuie sur l’affection.« 

Dans cette phrase de Terence, nous pouvons déceler une intention pacifiste claire. L’autorité ne doit pas être imposée par la force. Et si elle s’impose de cette façon, elle sera sûrement une autorité méprisable et transitoire.

Le pacte, par contre, a plus de pouvoir. Il présuppose l’accord des volontés, pour que ses effets soient plus durables. Le pacte amical recueille les intérêts et les besoins de toutes les parties concernées et c’est ce qui lui donne sa force.

Térence était un intellectuel dévoué et un écrivain passionné. Sa popularité était immense, à la fois pendant l’Antiquité et le Moyen Âge. Il y a des centaines de générations qui ont puisé de l’inspiration dans sa plume, et qui continuent de le faire.