3 histoires sur l’envie

9 mai 2019
L'envie est une passion très négative, mais aussi très humaine. Les histoires de jalousie nous aident à voir comment ce sentiment déplorable s'empare de certains et les conduit, avant tout, à se faire du mal.

Ces contes sur l’envie ont été créés pour que nous puissions voir toute l’étendue des manifestations et des effets de cette passion malsaine. On dit que l’envie a été la cause du premier homicide de l’histoire sacrée. Caïn a tué Abel parce qu’il ne tolérait pas que Dieu lui donne sa préférence. Et plus d’un conflit, et même plus d’une guerre, est né de l’envie d’individus ou de peuples.

L’envie est la douleur que nous ressentons « à cause » du bonheur des autres. C’est une passion que presque tout le monde ressent à un moment donné de sa vie. Cela se produit lorsque notre identité n’est pas bien établie et que nous regardons nos privations à travers les autres, et non en fonction de nous-mêmes.

« Personne n’est vraiment digne d’envie, et combien sont à plaindre. »

-Arthur Schopenhauer-

L’envie peut se guérir et la façon de le faire est d’aller dans deux sens. La première est la compassion : les autres ont aussi leurs propres défauts, leurs propres souffrances et ont du mal à obtenir ce qu’ils ont. La deuxième façon est de reconnaître que ce qui est à nous vaut aussi la peine et que nous devons nous battre pour obtenir ce que nous voulons. Les histoires suivantes que nous allons vous révéler sur l’envie nous rappellent ces leçons.

1. La première des histoires sur l’envie : le paon

Il était une fois un paon qui était profondément admiré par les autres animaux. Dès que le soleil se levait, il se mettait à marcher dans les champs, fier de son plumage. Tout le monde attendait toujours avec impatience le moment où il déployait sa queue et laissait voir toute la beauté qu’il portait en lui.

Le conte envieux raconte qu’un jour, des hiboux étrangers sont arrivés à cet endroit. Tout le monde les a reçus très gentiment. Le groupe de hiboux a continué de bavarder pendant une bonne partie de la nuit. L’un d’eux eut l’idée de dire qu’il y avait un beau faisan doré à proximité et qu’il n’avait jamais vu un oiseau aussi beau. Les autres étaient d’accord.

Le paon, qui écoutait la conversation, n’en croyait pas ses oreilles. Ce faisan avait sûrement plusieurs défauts que les autres n’avaient pas vus. Le lendemain matin, il partit à la recherche de ce faisan, parce qu’il voulait le voir de ses propres yeux. Il s’est perdu dans les bois et on n’a plus jamais entendu parler du paon.

Morale de la première des histoires sur l’envie : celui qui éprouve de l’envie pense que le mérite des autres rabaisse le sien.

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2. Une autre des histoires sur l’envie : qui est le pire ?

La deuxième des histoires sur l’envie nous dit qu’il y avait un pays lointain où le roi voulait savoir quel était le pire défaut : l’envie ou l’avarice. Pour trouver la réponse à cette question, il envoya chercher l’homme le plus envieux et l’homme le plus avare du royaume. Lorsqu’il les eut devant lui, il leur dit : « Vous pouvez me demander ce que vous voulez. Mais je donnerai le double à l’autre. »

L’avare se sentit  alors très mal à l’aise. En demandant quelque chose, il allait aussi augmenter ce qu’un autre possédait. Quelque chose de similaire passa dans l’esprit de l’envieux. L’avare répondit finalement qu’il ne désirait rien. Si le roi ne lui donnait rien, il ne donnerait rien non plus à l’autre. Quand fut venu le tour de l’envieux, il dit : « Je veux qu’on me crève un œil ».

Morale de la seconde des histoires sur l’envie : un envieux est prêt à souffrir, si avec cette souffrance il réussit à faire souffrir davantage l’autre.

3. L’histoire des crabes

Il y avait un pêcheur qui vendait des crabes près de la plage. Il avait deux seaux où les animaux étaient gardés. Cependant, l’un des seaux était couvert, tandis que l’autre ne l’était pas. Personne ne remarqua ce détail jusqu’à ce qu’une femme vienne voir la marchandise et s’étonne de la différence. Elle pensait que les animaux étaient peut-être de qualité différente. Puis elle demande au pêcheur la raison de cette distinction.

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Le vendeur montra du doigt le seau à crabe avec le couvercle dessus. « Ce sont des crabes japonais » dit-il. En montrant l’autre seau, il ajouta : « Et ce sont des crabes nationaux« . La femme ne comprit pas le rapport avec le fait qu’un seau était couvert et que l’autre ne l’était pas. Qu’est-ce que cela pouvait bien avoir comme rapport avec l’origine des crabes ?

Le pêcheur, qui remarqua l’étonnement de la femme, se mit en tête de lui expliquer. « Vous voyez, les crabes japonais s’échappent facilement. Quand l’un d’eux essaie de sortir, les autres forment une chaîne et l’aident, jusqu’à ce qu’il parvienne à s’échapper. C’est pourquoi il est nécessaire de mettre un couvercle sur le seau. Les crabes nationaux, par contre, dès qu’ils voient l’un d’entre eux tenter de s’échapper, l’attrapent et le tiennent pour qu’il ne s’échappe pas« .

Morale de la troisième des histoires sur l’envie : quelqu’un d’envieux préfère ne rien atteindre, tant que les autres n’atteignent rien non plus.

 

  • Klein, M. (1977). Envidia y gratitud: emociones básicas del hombre.