Survivre au cancer : que se passe-t-il ensuite ?

La personne qui survit au cancer paie souvent un prix physique et un prix psychologique inconnus. Il y a la peur de la rechute, les conséquences des interventions, l'épuisement, l'emprunte d'une expérience et des émotions difficiles à gérer...

Dernière mise à jour : 27 juin, 2021

Survivre au cancer est le but le plus important de toute personne qui fait face à cette maladie. La science ces dernières années progresse très positivement et cela contribue sans aucun doute à un taux de survie plus élevé.

Maintenant, que se passe-t-il après la fin du traitement ? Comment est la vie du patient qui essaie de revenir à la normale après cette période marquée par l’usure physique et psychologique ?

Les défis psychologiques auxquels une personne est confrontée lorsqu’elle termine ses cycles de chimiothérapie et reçoit la nouvelle que tout va bien sont souvent négligés. À première vue, il peut sembler que le patient va ressentir soulagement et bonheur. Mais ceux qui ont vécu le parcours très complexe du cancer savent qu’il n’en n’est pas toujours ainsi.

Après ce diagnostic attendu, débutent les bilans qui dureront au moins cinq ans et qui replace le patient devant l’angoisse d’une rechute. Il y a aussi les nombreuses émotions qui restent imprégnées et que le patient ne sait pas toujours gérer. Qu’on le veuille ou non, la survie au cancer a un prix psychologique élevé qui n’est pas toujours pris en compte.

Les effets médicaux et psychologiques du cancer sont connus depuis de nombreuses années. Et on commence maintenant à voir que la survie au cancer suppose entrer dans une nouvelle phase, différente de la trajectoire du cancer, mais tout aussi importante.

Survivre au cancer : les conséquences physiques et psychologiques

Les cheveux repoussent. Ils cessent de vivre dans ces pièces où ils ont passé des heures infinies connectés à une voie par où voyageait la chimiothérapie. La rumeur de ces jours-là, les sensations, la douleur, les visites, les visages des gentils assistants… Tout cela reste dans la mémoire comme un cauchemar de sentiments contraires à mi-chemin entre la panique et l’espoir.

La survie au cancer va au-delà de la maladie elle-même. À tel point que les psychologues spécialisés en oncologie savent que les patients sont obligés de façonner une nouvelle étape qui est encore liée à bien des égards à la maladie elle-même. Les séquelles qui restent les obligent souvent à être dans l’attente de nouvelles chirurgies (comme la reconstruction mammaire après une mastectomie).

C’est pourquoi les organisations de santé soulignent que le soutien aux survivants du cancer est négligé alors qu’il est indispensable. Dans bien des cas, la famille demande aussi un soutien spécialisé pour faire face à tout ce qu’elle a vécu et, à son tour, pour comprendre la réalité personnelle que vit cette mère, ce père ou cet enfant qui a réussi à surmonter son cancer.

Que ressent un patient après le traitement ?

Chaque personne vit sa maladie et sa survie ultérieure d’une manière particulière. Chaque expérience est unique et dépend beaucoup de la personnalité, du soutien reçu et aussi du temps qu’a duré ce parcours avec les interventions et les traitements mis en place.

Les problèmes physiques

  • Fatigue récurrente
  • Modifications de la mémoire et de la concentration (chemobrain)
  • Neuropathies (douleur associée à des modifications du système nerveux) : picotements dans les mains et les pieds, sensation de brûlure, maladresse motrice, difficultés à soulever des poids…
  • Lymphœdème et gonflement (surtout après un cancer du sein)
  • Problèmes de digestion
  • Changements de poids
  • Maux de bouche
  • Affections organiques et troubles associés aux interventions et séquelles de la maladie

Les problèmes psychologiques

  • Faible estime de soi en raison de possibles changements physiques
  • Problèmes d’évacuation des émotions
  • Il faut donner un nouveau sens à la vie. L’esprit leur dicte qu’ils doivent se sentir heureux d’avoir surmonté la maladie, mais ce sentiment n’apparaît pas toujours. La peur et l’angoisse persistent dans de nombreux cas.
  • Incertitude quant à savoir s’ils seront capables de travailler de manière égale.
  • Problèmes possibles dans la relation du couple.
  • Il est également courant de ressentir ce qu’on appelle le “syndrome de Damoclès”. Il s’agit de cette peur constante qu’à un moment donné le cancer réapparaisse. C’est une angoisse récurrente, une ombre qui plane sur la personne comme une épée qui peut tomber au moment le plus inattendu.

Comment survivre au cancer ?

Si faire face au cancer peut être l’étape la plus difficile pour une personne, y survivre est aussi une étape difficile. Malgré le fait qu’une personne soit libérée d’un poids 5 ans après la maladie, d’autres problèmes peuvent apparaître. Il existe des maladies d’apparition tardive, ainsi que des séquelles qui, dans de nombreux cas, deviennent chroniques.

Les personnes qui survivent à un cancer manquent d’un suivi médical et psychologique et de supervision de leur état une fois sorties de l’hôpital. Beaucoup se sentent seules, négligées et ont l’impression de ne pas profiter d’une bonne qualité de vie. Survivre à un cancer implique parfois de ne pas percevoir une réelle compréhension de son environnement le plus proche.

Que faire alors dans ces cas là ? Idéalement, participer à des groupes de soutien. Être capable de parler à des gens qui ont vécu la même chose aide toujours. De même, il est essentiel de prendre soin de vos habitudes de vie, de faire des changements et de placer de nouveaux objectifs à l’horizon pour retrouver un sens à la vie.

Enfin et surtout, il est important de compter sur l’aide de professionnels spécialisés dans ce domaine. Médecins, psychologues, thérapeutes… Il existe de nombreux professionnels de santé bien formés qui sauront vous aider au mieux dans cette nouvelle étape.

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  • Harrington, C. B., Hansen, J. A., Moskowitz, M., Todd, B. L., & Feuerstein, M. (2010). It’s Not over When it’s Over: Long-Term Symptoms in Cancer Survivors—A Systematic Review. The International Journal of Psychiatry in Medicine40(2), 163–181. https://doi.org/10.2190/PM.40.2.c