Mon partenaire me sous-estime : que puis-je faire ?

Le partenaire qui vous dévalorise, qui sous-estime tout ce que vous faites, dites et souhaitez, cache en réalité l'ombre du narcissisme. En ce sens, tout dénigrement qui nuit à l'estime de soi est une forme d'abus. Analysons cela.

Dernière mise à jour : 17 janvier, 2022

« Mon partenaire me critique devant les autres. Il dévalorise tout ce que je fais. Il tourne mes soucis au ridicule… Que puis-je faire si mon partenaire me sous-estime ? » Certains se reconnaîtront sans doute dans ce type de situation émotionnelle. Le plus délicat étant qu’en général, il est assez difficile de prendre conscience que ces situations mettent en évidence une forme très particulière de maltraitance psychologique.

Ces dynamiques commencent généralement par des commentaires affectueux, comme « Chéri, ce que tu peux être maladroit avec ça » ou par les classiques « laisse-moi le faire parce qu’il est clair que tu n’es pas très doué avec ça ». Presque sans nous en rendre compte, ce qui a commencé comme une blague presque innocente devient une constante, une habitude quotidienne dans le style de communication.

Petit à petit, l’autre gagne du terrain dans l’art de la dévalorisation et du dénigrement, provoquant des blessures de par son attitude. Il est vrai qu’il ne s’agit pas là des relations les plus propices pour y enfouir notre cœur, nos illusions et encore moins nos perspectives d’avenir. Cependant, avouons-le, nous ne le voyons pas toujours venir.

En général, une grande partie des relations commencent par montrer le meilleur de chacun, jusqu’à ce que les voiles et les masques tombent et que chacun révèle ce qu’il est vraiment, sans filtres.

Ainsi, lorsque la souffrance due aux dénigrements devient une constante, le tissu psychologique de l’estime de soi et de la dignité s’épuise. Il n’est pas conseillé de laisser le meilleur de soi à un endroit où l’amour fait mal et brouille la personne que nous sommes. Approfondissons un peu plus ces dynamiques.

Mon partenaire me sous-estime : caractéristiques, causes et moyens d’y faire face

La première chose que nous nous demandons généralement lorsque nous sommes confrontés à ce problème est de savoir comment quelqu’un peut constamment tolérer le dénigrement. Il est important, tout d’abord, de considérer deux aspects clés. Lorsque nous sommes dans le cadre d’une relation de couple, la tolérance à la souffrance est (dans certains cas) beaucoup plus élevée. On supporte parce qu’on aime, on assume et on se tait parce que l’esprit ne cesse de nous répéter que « ça finira par changer ».

Il existe aussi un autre facteur : il y a des gens qui ont été sous-estimés toute leur vie. Avoir grandi dans un environnement familial abusif, sans attachement sécure et défini par une communication agressive, peut amener quelqu’un à tolérer ce type de dynamique. La violence psychologique se manifeste de manières infinies, et la sous-estimation en fait partie.

Comment savoir si mon partenaire me sous-estime ?

Un dénigrement va au-delà de l’insulte. De plus, la plupart du temps, ces dernières ne sont même pas utilisées. Ainsi, lorsque mon partenaire me sous-estime, en gros, il s’attaque aux points qui me font le plus mal, comme critiquer ce que j’aime.

  • Ils dévalorisent vos réalisations et ce dans quoi vous excellez, ce qui vous définit par rapport aux autres.
  • Ils n’hésitent pas non plus à vous exposer publiquement. Par ailleurs, ils utilisent le sarcasme ou l’ironie pour vous critiquer, même devant des amis ou de la famille.
  • Lorsque vous vous efforcez de faire quelque chose, il ou elle n’hésitera pas à vous mépriser.
  • Ils vous donneront toujours un avis négatif sur chaque choix que vous faites, aussi simple soit-il (quel repas préparer, quel film regarder, où partir en vacances).
  • Il vous fera douter de votre raisonnement, de vos valeurs et de vos besoins. La sous-estimation est un ingrédient présent dans presque toutes les situations quotidiennes.

Pourquoi font-ils cela ? Qu’est-ce qui se cache derrière ce comportement ?

Des études telles que celles menées à l’Université Cardinal Stefan Wyszyński (Varsovie) indiquent que la dévaluation est une technique courante de la personnalité narcissique. De plus, au sein du profil narcissique, l’habitude de sous-estimer le partenaire est courante chez les narcissiques grandioses, c’est-à-dire ceux qui ont besoin de se vêtir de pouvoir, d’admiration et de supériorité.

Avec ces types d’attaques, ils parviennent à gagner du pouvoir dans la relation. Qui plus est, affaiblir l’estime de soi de l’autre aide à le subordonner. Nous sommes donc devant une stratégie de domination commune chez le narcissique, avec laquelle il peut nourrir son propre ego.

D’autre part, nous devons également prendre un fait en considération. Si mon partenaire me sous-estime, c’est parce qu’il ne m’aime pas comme je le mérite. La dévaluation constante est une autre forme d’abus psychologique, un comportement que nous ne pouvons pas tolérer.

Que puis-je faire si mon partenaire me sous-estime ?

Mal-être, contradiction, tristesse, colère et même rage… Lorsque mon partenaire me sous-estime, je ressens d’innombrables émotions conflictuelles et la première chose qui me vient à l’esprit est de mettre fin à la relation. Est-ce le plus approprié dans ces cas ? Chaque situation est unique et particulière : par conséquent, toutes les stratégies ne se valent pas.

Cependant, il convient toujours de prendre en compte un certain nombre d’aspects.

Améliorer le mode de communication

Il y a ceux qui utilisent la dévaluation comme un style particulier de communication, comme ils l’ont toujours fait. Il n’y a pas de mauvaise intention mais de l’inconscience, de l’immaturité et un manque évident de sagesse et d’empathie.

Ils donnent à la critique un ton affectueux, avec des phrases comme « chérie, tu es un désastre, qu’est-ce que tu ferais sans moi ? » ; cependant, ils prennent rarement conscience que ces expressions blessent et sont nocives.

  • Nous devons mettre des limites à ce style de communication.
  • Le plus décisif est de ne pas les tolérer et de demander des changements.
  • La communication abusive doit se transformer en communication empathique, respectueuse et compréhensive.
  • Si cet aspect n’est pas pris en compte, tout finira par s’effondrer. Il faut donc intervenir.

Le dénigrement constant est un abus psychologique et vous devez agir

Nous ne pouvons pas normaliser la sous-estimation. Laisser quelqu’un nous dévaloriser, c’est se diriger vers un abîme dans lequel nous nous perdrons entre les mains d’une figure abusive.

Il faut garder à l’esprit que l’abus ne se manifeste pas seulement par des coups, des insultes, de la jalousie et de la domination. La violence s’applique aussi dans les mots qui ne cessent de dévaloriser. Et il faut agir le plus tôt possible. Si l’on ne perçoit pas de changements, le mieux est de mettre de la distance.

Se remettre d’une relation abusive fondée sur la dévaluation

La personne qui a entretenu une relation basée sur la critique et la sous-estimation peut présenter un stress post-traumatique . Surtout si ce lien a duré plusieurs années. Ce sont des situations de grande usure, où nous sommes dans un état de forte vulnérabilité psychologique.

Après ces expériences, il faut se donner un temps de récupération, de reconstruction intérieure nécessaire. Aborder l’estime de soi, en plus de redéfinir notre identité, nos valeurs, nos perspectives et nos rêves vitaux, sera toujours une priorité. Quand on a été si longtemps boycotté, il est impératif de se soigner et de reprendre des forces, notamment sur le plan psychologique

Prendre soin de la santé d’une relation de couple implique toujours d’être attentif à la forme de la communication. Aimer, c’est avant tout respecter, admirer, donner le meilleur de soi pour rendre l’autre heureux.

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  • Rogoza, R., Zemojtel-Piotrowska, M., Kwiatkowska, M. M., & Kwiatkowska, K. (2018). The bright, the dark, and the blue face of narcissism: The spectrum of narcissism in its relations to the metatraits of personality, self-esteem, and the nomological network of shyness, loneliness, and empathy. Frontiers in Psychology9(MAR). https://doi.org/10.3389/fpsyg.2018.00343