Le stress inhérent au chômage

Le chômage est une situation négative potentiellement stressante qui, qui plus est, entraîne de nombreuses conséquences négatives pour la santé. Nous vous parlons ici des répercussions du stress inhérent au chômage.

Dernière mise à jour : 15 juin, 2021

Le travail est un axe central de la vie adulte. Il permet de développer ses propres capacités, de favoriser les relations sociales et de construire sa propre identité, constituant une source de bien-être général. Le chômage présente donc une série de conséquences qui ne passent pas inaperçues. L’un des effets les plus significatifs est le stress inhérent au chômage.

Ses conséquences sont en effet importantes tant sur le plan de la santé que sur le plan psychologique. Le stress inhérent au chômage s’alimente de différentes sources. Les étapes de difficultés économiques ont d’une part un lien avec un niveau de stress élevé.

Il en va de même de la diminution du bien-être, du sentiment d’isolement social ou du manque de soutien. De sorte qu’il a été observé que les chômeurs présentent des niveaux de stress significativement plus importants que la population générale.

Santé et chômage

Le stress inhérent au chômage, en plus d’être un problème en soi, a un lien avec d’autres troubles de santé. Il a tout d’abord un lien avec des niveaux inférieurs de bien-être subjectif et à des niveaux élevés d’anxiété.

Une étude constata par ailleurs que les niveaux de bien-être diminuaient considérablement et que l’anxiété augmentait au début du chômage. Les niveaux augmentaient de nouveau après une certaine stabilisation dans le cas du chômage de longue durée.

Les chômeurs présentent par ailleurs une moins bonne santé mentale, en lien avec une augmentation de la fréquentation des consultations psychiatriques et psychologiques, ainsi qu’à un plus grand nombre de diagnostics. Ces effets semblent être indépendants des niveaux de revenu des personnes.

Le stress résultant du chômage

Concrètement, le stress inhérent au chômage à un lien avec une série de changements physiologiques qui, de par leur maintien dans le temps, sont néfastes pour la santé. Notre corps produit en effet une série de changements lorsque nous vivons une situation que jugeons stressante, afin d’y faire face.

Dans ce cas, l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) répond au stimulus stressant (dans ce cas continu) en sécrétant l’hormone cortisol. Ce processus dans lequel se produit un pic de cortisol est naturel et adaptatif.

Cependant, en situation de stress, la libération continue de cette hormone produit des déséquilibres dans l’activation de l’axe HPA et provoque des modifications neuroendocriniennes néfastes pour la santé. De nombreuses études montrent que ces déséquilibres en cortisol sont notables chez la population sans emploi. De sorte qu’il a été constaté que les niveaux augmentent en période de chômage.

Ces changements dépendent néanmoins de la durée du chômage, ainsi que de l’âge des personnes. Ainsi, il semble que les jeunes présentent une augmentation continue à mesure que la durée du chômage augmente. Chez les adultes, en revanche, il augmente au cours des 6 premiers mois, pour se stabiliser ensuite à un niveau élevé.

Les conséquences physiques du stress inhérent au chômage

Le risque cardiovasculaire

Outre la libération anormale de cortisol, le chômage entretient un lien avec des niveaux importants de protéine C-réactive et de fibrinogène. Ces derniers sont quant à eux étroitement liés au risque cardiovasculaire. De sorte que les chômeurs présentent un risque cardiovasculaire plus important que le reste de la population.

De nombreuses études ont montré que le chômage de longue durée a un lien significatif avec l’infarctus du myocarde aigu et l’AVC. Les recherches ont également montré sa relation avec les maladies coronariennes. Il convient néanmoins de considérer les résultats avec prudence en raison du grand nombre de facteurs qui influencent le développement de ces troubles.

L’obésité, une conséquence du stress inhérent au chômage

En lien avec le risque cardiovasculaire et le cortisol, les recherches mettent également en évidence des altérations du poids chez les chômeurs. Les résultats montrent que l’augmentation du poids est proportionnelle à la durée du chômage.

Cela pourrait résulter du changement de régime alimentaire. Il a en effet été observé que les chômeurs ont tendance à consommer des produits moins chers et moins sains en raison de la baisse des revenus.

Il semble par ailleurs que le tabagisme influence également le changement de poids chez les chômeurs. Les recherches montrent en effet qu’il y a un perte de poids chez les fumeurs au chômage, tandis qu’il y a généralement une augmentation chez les non-fumeurs.

Le diabète de type 2

Le diabète de type 2 est associé à des schémas irréguliers de cortisol, ainsi qu’à l’obésité et au risque cardiovasculaire. Il est donc compréhensible que le chômage ait également un lien avec le risque d’apparition de cette maladie.

Par exemple, l’étude de Rautio et colds. (2017) a montré que, compte tenu de l’indice de masse corporelle, du niveau d’activité physique et d’autres facteurs sociodémographiques, les chômeurs avaient un risque plus important de souffrir de prédiabète et de diabète de type 2.

En fin de compte, le chômage a des conséquences au-delà des facteurs psychologiques. Ces résultats sont particulièrement pertinents. Une mauvaise santé peut en effet compliquer la tâche déjà difficile de trouver un emploi. Il est donc essentiel que les interventions réalisées auprès de ces personnes comprennent des stratégies de gestion du stress, ainsi que la promotion d’habitudes de vie saines.

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