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Le bien-être psychologique ne dépend pas seulement de vous

Le bien être psychologique ne dépend pas toujours de notre comportement ni de notre optimisme. Il y a beaucoup de choses que nous ne pouvons pas contrôler et qui nous affectent. Ce constat est parfaitement normal. Rappelons que nous ne sommes pas des super-héros.

Dernière mise à jour : 06 mai, 2021

Le philosophe Albert Schweitzer disait qu’il ne suffisait pas d’être en bonne santé pour être bien, mais que c’était aussi une disposition d’esprit. Cette idée en soi est logique et pertinente. Cependant, la plupart du temps, le bien-être psychologique ne dépend pas uniquement de notre attitude vis-à-vis des choses.

En effet, tout ce qui nous entoure nous influence également. Et cela, ne peut pas toujours être contrôlé.

Igor Grossmann, professeur de psychologie scientifique à l’université de Waterloo au Canada, souligne que nous vivons dans une société de plus en plus individualiste. Ce constat s’est imposé depuis la fin du siècle dernier et il connaît aujourd’hui son apogée alors que nous sommes à présent au cœur de l’ère de la technologie.

Ainsi, par exemple, nous en venons à penser que le bonheur est quelque chose que l’on doit se forger soi même. Et ce, en faisant preuve de bonne volonté et de détermination.

On se répète également que tous nos objectifs peuvent être atteint à force de motivation. On se dit qu’on peut tout réussir si on est suffisamment déterminé et que, pour aller bien, il suffit de se nourrir de pensées positives.

Cependant, il peut être dangereux de faire reposer toute la responsabilité de notre bien-être sur nos seules épaules. En effet, à tout instant, tout peut disparaître puisque tout n’est pas sous notre contrôle ; peu de choses dépendent exclusivement de nous.

Parfois, le destin nous réserve un revers aussi inattendu que douloureux. Parfois, les personnes qui nous entourent nous quittent, nous trahissent ou nous déçoivent. Face à ces situations, nous ne pouvons que constater qu’être heureux n’est pas à 100 % de notre fait. L’adversité est parfois un facteur chaotique que personne ne peut réellement prévoir.

La pratique quotidienne pour atteindre le bien-être psychologique

Atteindre le bien-être psychologique n’est pas un aboutissement ni même une finalité. Il s’agit plutôt d’une tâche quotidienne. Il est donc important de faire face aux petits et grands défis qui se présentent chaque jour. Et ce, même si nous avons l’impression de vivre un moment de bonheur dans une relation ou un moment de réussite professionnelle absolue.

Surviendront toujours des événements hors de notre contrôle. Ces derniers génèreront parfois du stress, de l’anxiété et de l’inquiétude.

Toutefois, le fait que cela se produise ne signifie pas que nous ayons fait quelque chose de mal. Ce n’est pas parce que mon entreprise réduit soudainement ses effectifs que je suis moins à même de faire mon travail. Une crise économique peut fortement perturber une grande partie du travail et du tissu social.

De même, si à un moment donné je me retrouve en situation de chômage et que cela entraîne chez moi de la dépression, cela ne signifie pas que je suis moins compétent. Ni moins courageux, ni même plus faible.

Face à toutes les circonstances compliquées, nous réagissons comme des êtres humains et non comme des super-héros. Nous sommes liés aux événements et ces derniers sont souvent inattendus. Il est donc normal qu’ils nous affectent plus ou moins fortement.

De quoi dépend le bien-être psychologique ?

Nous savons que le bien-être psychologique ne dépend pas seulement de nous. Alors… Quels sont les facteurs qui le déterminent ?

Des travaux de recherche, tels que ceux menés à l’Université d’Adélaïde, en Australie, mettent en évidence un élément intéressant. Nous nous disons souvent que le bien-être psychologique est synonyme de bonheur. On y oppose logiquement le mal être mental.

Cependant, en psychologie, et comme dans la plupart des choses de la vie, l’absolu n’existe pas. Les choses ne sont ni noires, ni blanches.

Par conséquent, l’opposé de ce qui est bien n’est pas forcement mauvais, et le contraire du bonheur n’est pas nécessairement le malheur. Il s’agirait plutôt en fait de la peur. Ainsi, lorsqu’on parle de bien-être psychologique, il est important de considérer que ce concept aussi complexe est en fait constitué de multiples paramètres.

Le modèle de bien-être mental de Ryff

La psychologue Carole Ryff a énoncé dans les années 1990 une théorie à la fois intéressante et pratique sur la manière d’atteindre le bien-être psychologique. Cette approche est basée sur l’Éthique à Nicomaque d’Aristote. Elle se compose de 6 éléments :

  • L’autonomie. Il s’agit de la capacité d’une personne à se percevoir comme indépendante et capable de mener à bien ses actes sans aucune pression sociale.
  • Le contrôle de l’environnement. Ce terme fait référence au besoin de contrôler la plupart des choses qui nous entourent.
  • Le développement personnel. Il se base sur l’idée que nous évoluons et que nous mûrissons en vue d’acquérir une vision plus claire du monde et de nous-mêmes.
  • Les relations positives avec les autres. L’une des clés du bien-être psychologique est de profiter de relations personnelles enrichissantes.
  • Avoir un but dans la vie. Comme l’a souligné Viktor Frankl, donner un sens à sa vie est essentiel pour trouver une forme d’équilibre et de satisfaction.
  • L’acceptation de soi. Il est question de savoir s’aimer pour ce que l’on est. Savoir reconnaître chacun de nos besoins et les traits de notre caractère est une façon de se réaffirmer en tant que personne et ainsi de se sentir bien.

L’analyse de chacune de ces dimensions nous fait réaliser quelque chose…. L’atteinte du bien-être psychologique dépend de facteurs qui ne sont pas à 100 % entre nos mains. La société ne nous offre pas toujours cette autonomie absolue. Nous n’avons donc pas le contrôle de tout ce qui nous entoure.

On ne peut pas toujours être bien et c’est tout à fait normal

Nous n’allons pas toujours bien et c’est normal. Nous ne pouvons pas afficher chaque jour la même énergie, le même optimisme et la même motivation.

Rappelons que nous sommes des personnes et non des robots programmés par des algorithmes. Ce qui nous entoure nous affecte. Il est donc parfaitement acceptable et compréhensible d’être vulnérable aux événements imprévus et à ce qui échappe à notre contrôle.

En fin de compte, il ne s’agit ni plus ni moins de savoir comment gérer ce qui nous arrive au quotidien. Il y aura des moments où nous serons heureux et des moments où nous serons profondément malheureux. Il y aura des moments difficiles et des moments de calme.

L’existence n’est pas une ligne droite ou un long fleuve tranquille. Nous devons donc apprendre à naviguer à travers les incertitudes tout en nous efforçant d’être à l’aise avec nous-mêmes.

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  • Ryff, Carol D. (1989), “Beyond Ponce de Leon and Life Satisfaction: New Directions in Quest of Successful Aging”, International Journal of Behavioral Development , 12 : 35–55, doi : 10.1177 / 016502548901200102
  • Winefield, H.R., Gill, T.K., Taylor, A.W. et al. Psychological well-being and psychological distress: is it necessary to measure both?. Psych Well-Being 2, 3 (2012). https://doi.org/10.1186/2211-1522-2-3