La dépression n’est pas un jeu d’enfants

9, février 2017 dans Psychologie 225 Partagés

La dépression est un problème qui affecte un grand nombre de personnes. Le style de vie que nous menons, l’impossibilité de résoudre des difficultés de manière efficace et les circonstances qui ont pu nous toucher peuvent nous rendre plus vulnérables à cette maladie. Elle nous marque, nous entrave, nous fait du mal. Mais, touche-t-elle seulement les adultes ?


« La gamme d’expériences humaines implique de se sentir tristes, mais l’expérience de la dépression, une sensation d’extrême tristesse, désespoir ou désemparement, n’est pas un rang sain des émotions humaines. »

-Deborah Serani-


Nous croyons que cette maladie n’affecte que les adultes, mais en réalité les plus petit-e-s peuvent aussi en souffrir. On la connaît sous le nom de dépression pédiatrique ou infantile, et ses symptômes sont très différents de ceux présentés par les adultes. Il faut penser que les enfants ont beaucoup plus de mal à contrôler leurs émotions, surtout parce qu’iels commencent tout juste à les expérimenter et parce que les zones d’auto-contrôle ne sont pas encore complètement développées dans leurs cerveaux.

Les bébés peuvent souffrir de dépression

S’il était déjà surprenant que des enfants puissent souffrir de dépression, imaginez la possibilité que des bébés puissent aussi en être victimes. Mais, comment se peut-il qu’un bébé connaisse ce trouble ? Dans ces cas, il peut clairement y avoir un composant génétique ; si la mère a souffert de dépression ou a vécu une dépression post-partum, cela peut aussi avoir des répercussions sur le bébé.

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Quand un bébé souffre de dépression, certains des symptômes qui peuvent attirer notre attention sont les pleurs et les problèmes d’alimentation. Un bébé, en général, ne présente aucun problème pour manger et ses pleurs ont toujours une raison : nécessités physiologiques, inconfort ou douleur. S’il a des difficultés dans ces cas et si les symptômes s’accentuent, il se peut que nous ayons affaire à un cas de dépression infantile.

Un autre des signes qui peuvent nous préoccuper est la léthargie manifestée par notre bébé. Normalement, les bébés sont actifs, pleurent, bougent, balbutient, regardent avec curiosité. Quand ce n’est pas le cas et lorsqu’ils paraissent toujours fatigués, ne sont pas actifs ou affichent un regard perdu, il se peut que nous ayons à nous inquiéter. Ceci n’est pas un état normal.


Le bébé souffrant de dépression ne sourit pas, ne répond pas à des stimulus, ne réagit pas si vous le laissez avec des étrangers. Il est dans un état continu d’apathie.


Est-il étrange qu’un bébé souffre de ce mal ? En vérité, ce n’est pas une situation qui se produit fréquemment, même si les symptômes sont peut-être passés sous silence et si nous les retrouvons, a posteriori, plus marqués durant la période de l’enfance. Là, les signaux sont plus évidents, bien que très différents de ceux des adultes.

Symptômes de la dépression chez les enfants

Il est très important, en tant que parents, de prêter attention au moindre indice qui pourrait révéler que notre enfant ne se sent pas bien, est plus triste que d’habitude et n’est pas heureux-se. Parfois, le travail et les préoccupations «d’adultes» font que nous ne prenons pas la tristesse de notre enfant au sérieux ou que l’on attribue simplement les changements d’humeur et les altérations émotionnelles comme les fruits de l’âge où iels se trouvent.

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Si nous n’aidons pas les plus petit-e-s, la dépression peut s’aggraver au fur et à mesure qu’iels grandissent. Pour cela, il est essentiel que nous reconnaissions certains des symptômes qui affectent les enfants et qui indiquent un problème de dépression pédiatrique.

  • Un manque d’intérêt envers les jeux et les autres enfants : il n’est pas normal qu’un-e enfant, qui vit des expériences et s’adapte au monde, ne soit pas curieux-se de jouer et de se faire des ami-e-s. Il n’est pas non plus normal qu’iel affiche une indifférence à l’école, puisque tout est nouveau pour lui/elle et qu’iel a une grande soif d’apprendre.
  • La faible estime ou le manque de confiance en soi : si vous commencez à noter que votre enfant sent qu’iel n’est bon-ne en rien, qu’iel fait tout mal ou qu’iel dit même des choses comme «je ne peux pas le faire», «je ne suis pas assez bien pour ça», «je suis nul-le», c’est un appel au secours clair. Les enfants font des expériences, se trompent, mais cela ne les fait pas se sentir inutiles ou stupides. Si tel est le cas, il s’agit d’un grave problème.
  • Iel s’enferme dans sa chambre et évite le contact avec la famille : si votre enfant passe beaucoup de temps dans sa chambre, que ce soit pour lire ou faire d’autres choses, et qu’iel évite le contact avec d’autres membres de la famille, cela peut être un indice.
  • Iel ressent une douleur ou une gêne sans motif apparent : les enfants ont beaucoup de mal à exprimer leurs émotions et à les identifier, parce qu’iels sont encore dans une phase où iels apprennent à les gérer. S’iels commencent à trop dormir, à sentir qu’iels ont mal au ventre ou à une autre partie du corps et que cela se produit sans raison, il se peut que nous soyons face à un cas de dépression.

« Un enfant sur 33 peut souffrir de dépression. »

-Center for Mental Health Services-


Il est nécessaire que tous ces symptômes se prolongent dans le temps pour être certain qu’il s’agit d’un problème grave et non pas d’une situation passagère. Mais le plus important est de consulter un-e professionnel-le en cas de doute ou lors de la présence prolongée de l’un de ces symptômes. Si nous identifions le problème le plus rapidement possible, alors nous pourrons vite y mettre un point final. Parce que la dépression n’est en rien un jeu d’enfants.

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