Le danger des bonnes intentions

10, février 2017 dans Curiosités 207 Partagés

Souvent, bon nombre des bonnes intentions que nous avons restent inutiles si elles ne sont pas accompagnées d’actes qui les dessinent dans la réalité. En d’autres occasions, il vaut mieux garder ses bonnes intentions plutôt que de passer directement à l’action : nous pouvons prédire une conséquence indésirée et suffisamment dissuasive pour mettre de côté nos intentions.

Bien que nous réalisions beaucoup de bonnes intentions en pensant au positif pour l’autre, il est possible que le résultat final ne soit pas celui escompté. Souvent, nous prenons des décisions en nous basant sur des sentiments et, avec l’ingénuité de notre côté, nous pensons que tout est possible si cela vient du cœur.


« Le chemin pour l’enfer est construit de bonnes intentions. »

-Marina. Carlos Ruiz Zafón-


Cependant, les choses ne tournent pas toujours comme nous le voudrions. Malgré les bonnes intentions, nos actes peuvent causer beaucoup de mal. Avant de passer à l’action, il convient de réfléchir à ce que nous faisons, si nous avons la capacité nécessaire pour mener à bout notre projet et penser aux conséquences que peut entraîner sa matérialisation.

Quand l’acte est pire que l’intention

Malgré les messages continus que nous recevons comme «pour y arriver, il faut seulement en rêver» ou «rien n’est impossible», ce qui est sûr est qu’il y a des choses que nous ne pouvons pas réussir uniquement en les souhaitant.

Si les bonnes attentions ne sont pas appuyées par les connaissances nécessaires, elles peuvent devenir dangereuses. Les décisions que nous prenons peuvent avoir une influence aussi bien sur nous-mêmes que sur les personnes que nous aimons et, sans la moindre intention de leur faire du mal, elles peuvent avoir un résultat néfaste.


Si nous souhaitions opérer un proche malade pour lui sauver la vie, nous n’aurions pas seulement besoin de bonnes intentions, mais aussi des connaissances nécessaires; dans le cas contraire, nous finirions par le tuer (il est certain que nous l’aurions fait avec toute notre bonne intention).


L’effet Dunning-Kruger

Le célèbre effet Dunning-Kruger affirme que moins nous savons quelque chose, plus nous croyons savoir. Ainsi, les personnes qui n’ont que peu de connaissance dans un domaine concret peuvent se sentir compétente sans être conscientes de leur grande ignorance. Beaucoup de psychologues sont fatigué-e-s d’entendre : « J’en sais plus sur la psychologie que vous, même si je ne l’ai pas étudié à l’université ».


« La surévaluation de l’incompétent naît de la mauvaise interprétation de sa propre capacité. La sous-évaluation du compétent naît de la mauvaise interprétation de la capacité des autres.

-David Dunning y Justin Kruger-


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La même chose peut se produire avec les actions que nous réalisons ou les conseils que nous donnons en pensant au bien pour eux. Des membres de la famille, des ami-e-s ou des personnes inconnues qui construisent leurs affaires uniquement sur le ciment des bonnes intentions, sans faire appel aux connaissances, signent normalement leur échec.

Enfermés dans nos idées

Quand quelqu’un ne regarde que dans une direction, il est compliqué de lui faire ouvrir les yeux vers de nouveaux horizons. Les idées en conflit ne vont pas bien ensemble, entraînent un mal-être et ne sont pas bien reçues par notre esprit. C’est pour cette raison que nous avons l’habitude de rejeter une perspective, en ajustant la réalité à la vision qui nous plaît le plus.

L’effet de dissonance cognitive explique que lorsque nous avons deux idées contraires, par exemple «je crois que ce que je fais est bon pour les autres» et «beaucoup de personnes disent que ce que je fais peut être nuisible», nous sentons un mal-être interne que nous essayerons de supprimer.

En raison du propre fonctionnement de notre esprit, il est compliqué de sortir des idées prédéterminées que nous avons. Quand quelque chose contredit notre point de vue, la solution la plus naturelle est de le neutraliser rapidement, en cherchant quelque chose qui soutienne notre position ou en disqualifiant la personne qui propose la nouvelle idée. Pour quelques un-e-s, cet «exercice de défense» est devenu un processus tellement automatique qu’iels ne sont même pas conscient-e-s de l’exécuter.


Lorsque vous ajoutez l’effet Dunning-Kruger à la dissonance cognitive, les résultats peuvent être néfastes. Il n’y a rien de plus dangereux qu’un ignorant qui se croit capable de tout et qui est en outre incapable de regarder dans d’autres directions qui ne soient pas la sienne.


L’importance de la connaissance

Dans certains aspects de nos vies, les bonnes intentions ne suffisent pas. Lorsqu’il s’agit de thèmes importants, comme la santé ou le bien-être, il est nécessaire que les souhaits positifs soient accompagnés de connaissance et d’éthique professionnelle.

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Bien que beaucoup de personnes s’approchent de nous avec de bonnes intentions, souvenez-vous que, souvent, celles-ci ne sont pas suffisantes. Réfléchir avant d’agir et demander l’opinion d’un expert peut parfois apporter plus de bénéfices que se laisser guider par des mots qui sont tout aussi bons et séducteurs que dangereux.