Les pressentiments et les intuitions : revalorisons les raisons de l’inconscient

Les pressentiments et les intuitions : revalorisons les raisons de l’inconscient

Au cours de notre vie, on se retrouve régulièrement confronté à une multitude de situations qui ne sont pas régies par la raison.

On peut par exemple penser à ces personnes auxquelles on a plus tendance à faire confiance, à ces professions où la pression est telle qu’elle nous oblige à prendre des décisions rapides, à ces artistes qui, après une longue période de vide, retrouvent soudainement l’inspiration…

Comment peut-on expliquer cela ? Qu’y a-t-il derrière ces actes qui ne sont pas nécessairement liés à la raison ? S’agit-il d’intuitions, de pressentiments ?

De récentes études ont souligné l’importance de l’inconscient

Un groupe de neurologues et de psychologues des universités de Yale, Princeton et Harvard, tels que John A. Bargh, sont en train de developper une nouvelle conception de l’inconscient qui confère aux pressentiments un pouvoir jusqu’alors insoupçonné.

Des processus mentaux tels que les intuitions, les prémonitions, les visions, etc, sont associés à l’inconscient, qui est responsable non seulement de la majorité des décisions que l’on prend, mais aussi de toutes ces décisions qui nécessitent une certaine sophistication ou complexité des processus cognitifs impliqués.

Les intuitions, c’est un champ d’étude très dense qui a encore plein de choses à nous apprendre.

Depuis quelques temps, on parle par exemple d’un concept appelé «neuroéconomie», un courant qui consiste à penser qu’il est préférable de prendre une décision économique en se fiant à ses émotions plutôt qu’à des calculs, à ses intuitions plutôt qu’à des rapports, à ses prédictions plutôt qu’à des analyses techniques.

Dans son livre intitulé Décisions instinctives, le psychologue social Gerd Gigerenzer montre par le biais de divers exemples comment l’instinct prend le dessus sur la raison dans ces situations où apparemment tout devrait être parfaitement sous contrôle, mais parfois, le raisonnement paralyse.

Quand on assimile trop d’informations dans le but de comprendre une réalité, cette dernière tend finalement à devenir incompréhensible. Comme le dit l’expression populaire, «parfois, un arbre peut cacher une fôret».

Peut-on se fier à nos pressentiments?

Pensons par exemple à toutes ces choses que l’on entreprend, et sans savoir pourquoi, on sait que l’on va réussir, et elles finissent effectivement par se solder par un succès.

Doit-on donc accorder plus d’importance au caprice de notre coeur qu’à l’aplomb de notre cerveau ? Il est impossible de l’affirmer avec certitude.

Dans son livre intitulé La force de l’intuition, Gladwell explique que l’intuition, c’est précisément cette capacité de cognition rapide dont dispose le cerveau et qui lui permet de formuler des jugements instantanés. Ce n’est donc pas aussi précipité que ce qu’on pourrait croire.

Même si certaines de nos intuitions sont de simples pressentiments, sans aucune base solide, d’autres résultent de processus mentaux complexes.

Les pressentiments peuvent aussi être considérés comme de petits sacs à dos où s’entassent nos expériences passées, nos souvenirs, notre personnalité et toutes ses facettes, qui nous aident à prendre une décision.

«Dois-je me marier avec cette personne ? Dois-je quitter ce poste et changer de carrière ?»

Si notre pressentiment est affirmatif, ce ne sera absolument pas dû à un acte infondé ou irrationnel, mais à un tout, un bloc d’informations stockées dans notre inconscient (pareil à une bibliothèque sophistiquée) qui nous permettra de donner une réponse rapide, après une brève évaluation.

Alors, pourquoi ne pas en tenir compte ?