Le style d’éducation influe-t-il sur l’enfant ?

Le style d’éducation influe-t-il sur l’enfant ?

La majorité des parents n’ont pas conscience qu’il existe différents styles d’éducation ou qu’ils appartiennent à l’un d’entre eux. Ils agissent en faisant du mieux qu’ils peuvent, aidés de leur propre expérience et intégrant leurs opinions et leurs principes.

Qu’ils en aient conscience ou non, chaque parent a adopté, sans s’en rendre compte, un des différents styles d’éducation.

4 styles d’éducation

Si on se base sur la psychologie du développement de Diana Baumrind, les styles d’éducation dépendent de deux aspects fondamentaux : 1) la sensibilité et l’intérêt, 2) l’exigence et la fermeté.

Cette psychologue américaine a développé une des théories les plus connues au sujet des styles éducatifs. Elle différencia trois catégories (autoritaire, indulgent et permissif), auxquelles s’ajoutera plus tard la catégorie des parents dits «négligents».

Chaque style éducatif est un mélange de ces deux aspects fondamentaux, et bien évidemment, le meilleur style est celui qui a su trouver un équilibre entre ces aspects.

– Le style autoritaire : «C’est comme ça parce que je l’ai décidé, un point c’est tout.» (niveau d’exigence et de fermeté = 100%). Les parents font ici preuve d’une très grande autorité, au détriment de la tendresse, qui se fait rare. Dans des cas extrêmes, l’autorité peut devenir abusive.

– Le style permissif : «Fais comme tu veux mon chéri» (niveau de sensibilité et d’intérêt = 100%). Le niveau d’attention va de modéré à très élevé, avec une absence de contrôle. Aucune règle de discipline n’a été établie; tous les souhaits et caprices de l’enfant sont exaucés.

– Le style négligent : L’enfant réclame : «Elle est où maman?» (niveau d’exigence, de fermeté, de sensibilité et d’intérêt = 0%). Ces parents manquent d’engagement envers leur enfant et l’autorité est inexistante.

– Le style «démocratique» : «Maintenant tu comprends pourquoi il est important que tu obéisses aux règles?» (exigence et fermeté = 50%, sensibilité et intérêt = 50%). Ces parents sont généralement très affectueux mais savent se faire respecter quand il le faut. Ils favorisent les aptitudes sociales. Ils savent amener des règles avec raison et respectent l’indépendance de leur enfant.

Que révèlent les études à ce sujet ?

Toutes les études s’accordent à conclure que les enfants dont les parents font partie du style «démocratique» – c’est à dire, les parents qui restent modérés, qui communiquent, qui usent de la logique pour coopérer avec l’enfant, qui montrent l’exemple – sont les plus épanouis, à court et long terme.

Ces enfants savent s’adapter, coopérer, et sont indépendants. Les études ont également révélé qu’ils sont moins exposés à la pression négative et qu’ils savent s’entourer des bonnes personnes. Ils ont une bonne estime d’eux-mêmes et respectent les autres.

Ce qui est sûr c’est que, même si le style démocratique est le plus enviable et efficace, il est aussi le plus dur à mettre en pratique. En effet, il nécessite beaucoup de temps, de patience et d’énergie de la part des parents. C’est peut être pour ces raisons que certains optent pour un autre style éducatif.

Le style que nous «choisissons» importe-il vraiment ?

Les parents cherchant à éviter le conflit font sûrement partie du style permissif. Il n’établissent pas de règles de discipline, tout n’est qu’amour. Après tout, personne n’aime être vu comme le «méchant du film», surtout dans les yeux d’un enfant.

Cependant, les observations ne sont pas toujours bonnes. En effet, les études ont révélé que les enfants élevés ainsi sont plus enclin à souffrir plus tard de dépression. De plus, elles démontrent une corrélation entre un style trop permissif et l’usage de drogues, la délinquance et la promiscuité.

Le plus ironique, c’est que la plupart de ces enfants en arrivent parfois à croire que leurs parents ne les aiment pas…

Qu’en est-il du style autoritaire ? Tout le monde a déjà entendu quelqu’un dire : «Mon père était très strict et ne manifestait aucun amour, mais aujourd’hui je n’en souffre pas».

Selon Dene Garvin Klitzing, professeur à l’Université du Delaware, cette réaction est non seulement due au style éducatif, mais également à la personnalité même de l’enfant. Si l’enfant a un tempérament positif et un esprit ouvert, il peut s’épanouir, malgré les circonstances. Cependant, il a beaucoup plus de chance de réussir dans la vie avec une bonne éducation.

Les enfants ayant des parents autoritaires apprennent très jeunes à ne pas parler de leurs soucis à leurs parents, et sont donc plus influencés par leurs amis. Souvent, ils se sentent frustrés et se rebellent même contre les valeurs et les croyances de leurs parents.

De plus, une étude réalisée au Boston Medical Center a révélé que les enfants ayant eu des parents autoritaires et fermes dans leurs idées, ont 5 fois plus de chance de devenir obèses que les enfants ayant eu des parents plus flexibles et démocratiques.

Bien évidemment nous sommes tous d’accord pour dire que ces trois styles d’éducation valent mieux qu’un parent absent.

En effet, des études ont démontré que les enfants ayant eu des parents négligents auront plus de difficultés de développement, et également à l’âge adulte. De plus, ces enfants gèrent mal leurs émotions et ont du mal a créer et à conserver des relations.

Photographie publiée avec l’aimable autorisation de Dustin J Mc Clure